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Chaque année, des milliers de seniors liquident leur retraite avec des erreurs. Vérifiez votre carrière avant de déposer votre dossier. Tél. 04 57 34 38 23 · Mise à jour : 22 août 2026
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Retraite & Argent · Guide

Ce qu'il faut vérifier avant de liquider sa retraite

Une fois la pension liquidée, corriger une erreur devient un parcours. Onze points à contrôler pendant qu'il est encore temps : les trimestres qui manquent souvent, les majorations qu'il faut demander, les délais à respecter, et les recours si le montant notifié ne vous paraît pas juste.

Mis à jour le 22 août 2026 · Temps de lecture : 12 minutes

Un ordre de grandeur, et une prudence

La Cnav a traité 874 000 dossiers en 2025, avec un délai moyen de 67 jours ; 19 000 dossiers, soit 2 %, ont été finalisés après la date de passage à la retraite. Ce chiffre mesure un retard de traitement, pas un taux d'erreur.

Nous ne publions volontairement aucun « taux d'erreur des pensions » : ces chiffres figurent dans le rapport de certification des comptes de la Cour des comptes, que nous n'avons pas pu consulter directement. Ce que l'on peut dire, en revanche, c'est que la retraite reste un motif majeur de réclamation : en 2025, le Défenseur des droits a reçu 19 626 réclamations en « protection et sécurité sociales », dont 22 % portant sur la pension de vieillesse.

Notre service payant — signalé comme tel

Vous préférez qu'on le fasse avec vous ?

Le Contrôle Retraite reprend chacun des 11 points de ce guide sur votre propre relevé de carrière : rapport écrit, restitution de vive voix, et accompagnement jusqu'au dépôt si vous le souhaitez. Le premier échange téléphonique de 15 minutes est gratuit.

Découvrir le Contrôle Retraite

1. Lire son relevé de carrière — et le lire vraiment

Tout part de là. Le service « Ma carrière » du compte retraite unique, sur info-retraite.fr, affiche l'ensemble des trimestres et des points enregistrés depuis le début de votre carrière, tous régimes confondus. La connexion se fait par FranceConnect (impots.gouv.fr, ameli, La Poste, MSA, France Identité…). Le relevé est téléchargeable en PDF.

Une frise chronologique en couleurs distingue les activités enregistrées, les périodes sans information, les années incomplètes et les demandes de correction en cours. Ce sont ces deux catégories du milieu qui méritent votre attention.

Le relevé recense trois natures de trimestres, qu'il ne faut pas confondre :

  • les trimestres cotisés, au titre d'une activité rémunérée ;
  • les trimestres assimilés, au titre de périodes non travaillées (maladie, chômage, service militaire…) ;
  • les trimestres de majoration (enfants, congé parental).

2. Faire corriger les anomalies : le service existe, utilisez-le

Le service « Corriger ma carrière », opéré par le GIP Union Retraite, est ouvert à partir de 55 ans et jusqu'à votre départ. Il permet de signaler aux caisses les oublis et les incohérences. Avant 55 ans, c'est le service « Compléter ma carrière et déclarer mes enfants » de l'Assurance retraite qui s'applique.

Justificatifs demandés selon la nature de l'anomalie. Source : FAQ de l'Assurance retraite.
SituationJustificatif à fournir
Emploi salariéBulletins de paie ou attestations conformes au livre de paie
Service militaireÉtat signalétique et des services, ou attestation de l'autorité militaire
MaladieAttestation de paiement des indemnités journalières
ChômageAttestation de France Travail
InvaliditéAttestation de pension d'invalidité
ApprentissageBulletins de salaire, contrat, certificat de chambre consulaire ou diplôme

Un point que nous ne pouvons pas affirmer

Nous n'avons trouvé aucune source officielle énonçant un délai limite pour demander la correction d'un relevé de carrière. Les seules bornes publiées concernent l'ouverture du service en ligne (de 55 ans au départ). Ne vous fiez donc pas aux affirmations péremptoires que l'on lit ailleurs sur ce point : en cas de doute, écrivez à votre caisse.

3. Le service militaire

Règle officielle : 1 trimestre pour 90 jours d'incorporation, dans la limite de 4 par année civile. La validation est automatique pour le service classique, mais elle manque parfois au relevé. Le service national en aide technique ou en coopération y est assimilé.

Le justificatif est l'état signalétique et des services, à demander auprès du Service historique de la Défense. Attention : si vous avez droit à une retraite d'un régime spécial militaire, ce régime est prioritaire.

4. Le chômage, indemnisé ou non

C'est l'une des sources d'oubli les plus fréquentes, parce que les règles ont changé plusieurs fois.

Source : Service-Public.fr, fiche F31249. Dans tous les cas : 1 trimestre pour 50 jours, maximum 4 par année civile.
SituationPrise en compte
Chômage indemnisé (depuis 1980)Sans limite de durée : ARE, ASS, allocation des travailleurs indépendants, ASP, allocation de reclassement, activité partielle…
Chômage non indemnisé, après une période indemnisée1 an — porté à 5 ans si trois conditions sont réunies : 55 ans ou plus à la fin de l'indemnisation, au moins 20 ans de cotisations (80 trimestres), aucun droit acquis dans un nouveau régime
Première période de chômage jamais indemnisée, à partir de 20111 an et demi (6 trimestres) maximum
Première période de chômage jamais indemnisée, avant 20111 an (4 trimestres) maximum
Chômage avant 1980Toutes périodes, indemnisées ou non

Les autres périodes assimilées suivent des règles distinctes : maladie et accident du travail, 1 trimestre par 60 jours d'indemnisation ; maternité, 1 trimestre par 90 jours ; invalidité, 1 trimestre par trimestre civil comprenant 3 mensualités de pension.

5. TUC, stages et apprentissage : les droits rouverts en 2023

C'est le point le moins connu de ce guide, et l'un des plus rentables.

Vous avez fait un TUC entre 1984 et 1990 ?

Depuis le 1er septembre 2023, les travaux d'utilité collective accomplis entre 1984 et 1990 ouvrent droit à 1 trimestre assimilé par 50 jours. Même chose pour les stages de formation professionnelle continue — stages du plan Barre, jeunes volontaires, programmes d'insertion locale, stages d'initiation à la vie professionnelle, principalement entre 1977 et 1992 —, à raison de 1 trimestre par 50 jours de stage, dans la limite de 4 par année civile.

La démarche est à votre initiative : rien n'est ajouté automatiquement. Si vous avez eu vingt ans dans les années 1980, vérifiez.

Pour l'apprentissage, trois régimes coexistent selon la date du contrat :

  • Avant le 1er juillet 1972 : pas de validation automatique (la rémunération n'était pas obligatoire). Il faut un versement de cotisations de régularisation. Le nombre de trimestres est égal au nombre total de jours divisé par 90, arrondi à l'entier le plus proche, par année civile — limité à 4 trimestres si la régularisation repose sur une attestation sur l'honneur.
  • Du 1er juillet 1972 au 31 décembre 2013 : le relevé se complète sur production des bulletins de salaire ou des pièces justifiant la qualité d'apprenti. Si la rémunération d'apprenti ne permet pas de valider 4 trimestres dans l'année, un rachat à tarif réduit est possible, sur 4 trimestres maximum.
  • À partir du 1er janvier 2014 : nous n'avons trouvé aucune source officielle énonçant clairement la règle applicable. Nous ne l'inventons donc pas : interrogez votre caisse.

6. Le seuil de validation d'un trimestre en 2026

1 803 € pour un trimestre, 7 212 € pour l'année

Depuis 2014, le revenu qui valide un trimestre est égal au SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier multiplié par 150 heures. En 2026 : 12,02 € × 150 = 1 803 €.

Corollaire souvent ignoré : 7 212 € bruts cotisés dans l'année suffisent à valider les quatre trimestres, quelle que soit la durée effectivement travaillée. Il n'existe aucune durée minimale de travail. Un emploi d'été bien payé peut donc valider une année entière.

Confirmé par Service-Public.fr (fiche F1761, mise à jour le 1er janvier 2026) et par la circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025.

7. Les majorations pour enfants : attention au délai de six mois

Au régime général, chaque enfant peut ouvrir droit à jusqu'à 8 trimestres, répartis en deux blocs de quatre : 4 au titre de la maternité (ou de l'adoption) et 4 au titre de l'éducation.

Sources : Service-Public.fr (fiche F16336) et fiche pédagogique de l'Assurance retraite.
Enfant né ou adopté…Répartition des trimestres
Avant 2010Les 8 trimestres sont attribués automatiquement à la mère. Le père ne peut obtenir les majorations éducation et adoption que dans trois cas : décès de la mère avant la majorité de l'enfant, preuve qu'il a élevé seul l'enfant, ou désignation exclusive par l'acte d'adoption.
À partir de 2010Les 4 trimestres maternité vont automatiquement à la mère et ne sont pas partageables. Sur les 4 trimestres éducation, 2 vont automatiquement à la mère et 2 sont répartissables entre les parents.

Le piège : six mois après le quatrième anniversaire

Pour les enfants nés ou adoptés à partir de 2010, l'option de répartition des deux trimestres « éducation » doit être exercée dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant. Passé ce délai — ou en cas de désaccord entre les parents — la mère reçoit les 4 trimestres. L'option est alors définitivement fermée.

Deux majorations connexes à ne pas oublier :

  • Enfant handicapé (incapacité d'au moins 80 %) : 1 trimestre par période de 30 mois d'éducation, dans la limite de 8 trimestres, cumulable avec les autres majorations.
  • Congé parental : trimestres calculés de date à date (1 trimestre = 90 jours), mais non cumulables avec les majorations maternité et éducation — c'est la formule la plus favorable qui s'applique.

La majoration de 10 % pour trois enfants

Si vous avez eu ou élevé au moins trois enfants, votre retraite est majorée de 10 %. Les deux parents peuvent en bénéficier. Elle est calculée sans que vous ayez à la demander, et s'applique au montant total de la retraite, surcote comprise.

Les enfants biologiques sont pris en compte sans condition d'éducation ni de résidence ; les enfants du conjoint le sont s'ils ont été élevés et à charge pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire.

Et elle est imposable

C'est contre-intuitif, car ces majorations étaient exonérées autrefois. Depuis les revenus de 2013, les majorations pour enfants entrent dans l'assiette de l'impôt sur le revenu. En contrepartie, la CSG applicable à cet avantage devient déductible.

8. La surcote — et la surcote parentale, que personne ne vous signalera

La surcote de droit commun majore la pension de 1,25 % par trimestre civil entier travaillé, soit 5 % pour une année pleine. Deux conditions cumulatives : avoir dépassé l'âge légal et totaliser le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Aucun plafond n'est mentionné par les sources officielles. Pendant la prolongation, vous continuez d'acquérir des points Agirc-Arrco ou Ircantec.

La surcote parentale : 5 % de plus, sous trois conditions

Créée par la réforme de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, décret n° 2023-799 du 21 août 2023), en vigueur depuis le 1er septembre 2023. Taux : 1,25 % par trimestre, dans la limite de 5 %.

Trois conditions cumulatives :

  1. avoir 63 ans — soit l'âge légal minoré d'un an —, ce qui concerne les assurés nés à partir de 1964 ;
  2. justifier de la durée d'assurance requise pour le taux plein dès 63 ans, donc avant l'âge légal ;
  3. avoir acquis au moins 1 trimestre de majoration au titre de la maternité, de l'adoption, de l'éducation, de l'enfant handicapé ou du congé parental.

Elle récompense précisément les assurés — très majoritairement des femmes — qui atteignent la durée requise avant l'âge légal et qui perdaient jusque-là le bénéfice de leurs trimestres excédentaires. Vérifier que vos trimestres de majoration figurent bien au relevé est le préalable indispensable.

9. Le rachat de trimestres : 12 au maximum

Le dispositif dit « Fillon » permet de racheter 12 trimestres au total, tous motifs confondus, à deux titres :

  • les années d'études supérieures ayant donné lieu à l'obtention d'un diplôme (l'admission dans une grande école y est assimilée) ; 90 jours consécutifs valent 1 trimestre ;
  • les années incomplètes, c'est-à-dire celles où moins de 4 trimestres ont été validés.

Deux options de rachat existent : l'option « taux seul », moins chère, qui réduit uniquement la décote ; et l'option « taux et durée », plus chère, qui compte aussi pour la durée d'assurance. Conditions : avoir au moins 20 ans et moins de 67 ans, et ne pas avoir déjà demandé sa retraite.

À ne pas confondre avec deux dispositifs distincts : le rachat des stages obligatoires en entreprise (2 mois minimum, débutés après le 14 mars 2015, maximum 2 trimestres, à demander dans les 2 ans suivant la fin du stage, au tarif forfaitaire de 481 € par trimestre), et le rachat au titre de l'apprentissage.

L'Assurance retraite met à disposition un simulateur officiel du coût du rachat.

10. Déposer sa demande au bon moment

Les sources officielles ne donnent pas toutes le même chiffre, et nous préférons le dire : l'Assurance retraite recommande 5 mois avant la date de départ souhaitée ; Service-Public.fr indique « au moins 5 mois » dans son texte et « 4 à 6 mois » dans sa vidéo ; info-retraite.fr écrit « 4 à 5 mois ». Retenez 5 mois, et n'attendez pas.

Deux règles qui expliquent pourquoi le retard coûte cher :

  • Le point de départ de la retraite est toujours le premier jour d'un mois.
  • Il est fixé au plus tôt au premier jour du mois qui suit la réception de votre demande. Une demande en retard décale mécaniquement votre premier versement.

La demande unique effectuée depuis le compte retraite est transmise automatiquement à l'ensemble de vos caisses de base et complémentaires. Le brouillon en ligne est conservé 90 jours, et l'application mobile permet de numériser les justificatifs. Un équivalent papier existe : le formulaire cerfa n° 51672#05.

11. Le montant notifié vous paraît faux : les délais à ne pas laisser passer

La procédure est strictement encadrée, et les délais sont courts.

Sources : Service-Public.fr, fiches F2499 et F2500.
ÉtapeDélaiPoint de vigilance
1. Commission de recours amiable (CRA) — obligatoire avant toute action en justice2 mois à compter de la notification de la décision contestéePar lettre recommandée avec accusé de réception
2. Réponse de la CRA2 mois à compter de la réception de votre demandePassé ce délai, le silence vaut rejet — un rejet lui-même contestable
3. Tribunal judiciaire, pôle social2 mois à compter de la notification de la décision de la CRA, ou de l'expiration de son délai de réponseNe pas confondre avec la commission médicale de recours amiable, qui obéit à d'autres délais

Le médiateur suspend vos délais : c'est capital

Chaque caisse régionale dispose d'un médiateur, compétent pour le régime général de base uniquement. Sa saisine suppose une réclamation écrite préalable, dans un délai maximum de 6 mois après cette réclamation, ou de 2 mois après la notification d'une décision de droits ou d'une décision de la CRA.

Point décisif : la saisine du médiateur suspend, à compter de la notification de recevabilité, les délais de recours devant la CRA et devant la juridiction. Autrement dit, saisir le médiateur ne vous fait pas perdre vos droits. Son délai d'instruction est d'un mois, sauf cas complexe.

La liste à cocher, en une page

  1. Télécharger le relevé de carrière sur info-retraite.fr et repérer les périodes en couleur.
  2. Vérifier la présence du service militaire.
  3. Vérifier chaque période de chômage, y compris non indemnisée.
  4. Réclamer les TUC (1984-1990) et les stages de formation professionnelle.
  5. Vérifier les années d'apprentissage.
  6. Repérer les années à moins de 4 trimestres et les années sous 1 803 € de revenu cotisé.
  7. Contrôler les trimestres de majoration pour chaque enfant.
  8. Vérifier si vous remplissez les conditions de la surcote parentale.
  9. Simuler un rachat si les années incomplètes sont nombreuses.
  10. Déposer la demande 5 mois avant la date de départ souhaitée.
  11. À réception de la notification : vérifier le nombre de trimestres retenus et, si besoin, saisir la CRA dans les 2 mois.
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Le jour où vous partez, votre mutuelle d'entreprise s'arrête

C'est l'angle mort de la préparation à la retraite : la couverture santé collective cesse et il faut souscrire un contrat individuel. Anticipez la comparaison en même temps que votre dossier de liquidation.

Voir MutuellesSenior.fr

Comment nous avons vérifié. Chaque règle de ce guide s'appuie sur les sources officielles : fiches Service-Public.fr, circulaires et FAQ de l'Assurance retraite, pages d'info-retraite.fr et de l'Agirc-Arrco. Quatre points n'ont pas pu être établis et sont signalés comme tels dans le texte : le délai limite de contestation d'un relevé, la règle applicable à l'apprentissage depuis 2014, le taux d'erreur officiel des pensions liquidées, et la liste nominative des régimes couverts par la demande unique. Ce guide est une information générale et ne remplace pas l'examen de votre dossier par votre caisse.