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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 10 septembre 2026
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Un couple de retraités riant, serrés l'un contre l'autre, en plein air

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Chapitre 1

Ce qu'il faut vérifier avant de liquider sa retraite

Demander sa retraite ne se résume pas à choisir une date. Avant d'envoyer votre dossier, il faut s'assurer que votre carrière est complète, que les périodes non travaillées ont bien été comptées, que vos droits liés aux enfants apparaissent et que tous vos régimes sont identifiés. Une erreur qui passe inaperçue déplace votre date de départ ou votre montant — et se corrige beaucoup moins facilement après.

Mis à jour le 10 septembre 2026 · Temps de lecture : 15 minutes

Deux chiffres pour mesurer l'enjeu

Le risque d'erreur. Dans son rapport de certification des comptes du régime général pour l'exercice 2025, la Cour des comptes relève qu'environ une pension nouvellement liquidée sur neuf — 11,1 % des 956 280 nouvelles prestations vieillesse attribuées en 2025, contre une sur dix en 2024 — comportait au moins une erreur de portée financière. L'incidence est estimée à environ 1 % du montant de ces prestations, soit 1,1 milliard d'euros sur la durée de versement des pensions concernées. Deux précisions : ce taux ne porte que sur les nouvelles pensions, pas sur l'ensemble des retraites versées ; et l'erreur joue dans les deux sens, au bénéfice comme au détriment de l'assuré.

Le risque de retard. Un rapport de l'Assemblée nationale — no 2814, commission des affaires sociales, rapporteur Jean-Luc Warsmann, mai 2026 — relève qu'en 2025, 332 400 demandes sur 814 890, soit environ 40 %, ont vu leur traitement s'achever après la date d'entrée en jouissance de la pension. Il indique par ailleurs qu'environ 19 000 dossiers de droit propre faisaient encore l'objet d'un retard de paiement plus de quatre mois après leur dépôt.

De son côté, l'Assurance retraite écrit dans son rapport d'activité 2025 avoir traité 874 000 dossiers avec un délai moyen de 67 jours, et compte « 19 000 cas » de dossiers finalisés après échéance, soit 2 % du total. Ces deux « 19 000 » ne désignent pas la même chose : l'un est un stock de dossiers encore impayés fin 2025 au-delà de quatre mois, l'autre un flux annuel de dossiers finalisés après la date de départ. La coïncidence des nombres est trompeuse, et nous préférons le signaler plutôt que de les additionner.

Dans le même sens, la retraite reste un motif majeur de réclamation : en 2025, le Défenseur des droits a reçu 19 626 réclamations en « protection et sécurité sociales », dont 22 % portant sur la pension de vieillesse.

La conclusion pratique tient en deux mots : vérifier tôt, déposer à temps.

À retenir

  • Commencez par votre relevé de carrière, pas par une estimation de pension.
  • Comparez-le à votre vie réelle : emplois, chômage, maladie, service national, apprentissage, enfants, années au foyer.
  • Rassemblez vos justificatifs avant de demander une correction.
  • Vérifiez vos points de retraite complémentaire autant que vos trimestres de base.
  • Déposez votre demande environ cinq mois avant la date souhaitée.
  • À réception de la notification, contrôlez le calcul et les délais de recours.

Avant de commencer : trois choses à avoir sous la main

1. Votre compte retraite

Le service « Ma carrière » d'info-retraite.fr est accessible à tout âge, par FranceConnect (impots.gouv.fr, ameli, La Poste, MSA, France Identité…). Il affiche votre parcours dans l'ordre chronologique : activités enregistrées, périodes sans information, années incomplètes, demandes de correction en cours, trimestres et points. Le relevé se télécharge en PDF — faites-le, c'est sur ce document que tout le reste s'appuie.

2. Vos justificatifs

Rassemblez ce que vous avez gardé : bulletins de paie, contrats et certificats de travail, attestations France Travail, attestations d'indemnités journalières, livret de famille, documents d'apprentissage, état signalétique et des services pour le service national. Vous n'aurez pas à tout transmettre. Mais le jour où une ligne manque, ces pièces deviennent la seule preuve.

3. Une solution si vous n'êtes pas à l'aise avec internet

Vos démarches peuvent être préparées avec votre caisse de retraite. Une précaution s'impose toutefois : la demande en ligne d'info-retraite.fr a une portée interrégimes très large et transmet une seule demande à l'ensemble des régimes de base et complémentaires sélectionnés, alors que les formulaires papier n'ont pas tous le même périmètre. Si vous choisissez le papier, demandez explicitement à votre caisse quels formulaires votre carrière rend nécessaires.

1. Lire son relevé de carrière — et le comparer à sa vie réelle

Le relevé est la matière première du calcul. Ne vous arrêtez pas au total affiché en haut de page : relisez-le année par année — employeur, revenus, trimestres, points, périodes sans information, années incomplètes.

Une frise en couleurs distingue les activités enregistrées, les périodes sans information, les années incomplètes et les demandes de correction en cours. Ce sont ces deux catégories du milieu qui méritent votre attention.

Le relevé recense trois natures de trimestres, qu'il ne faut pas confondre :

  • les trimestres cotisés, acquis grâce aux cotisations versées au titre d'une activité ;
  • les trimestres assimilés, attribués pour certaines périodes sans activité : chômage, maladie, service national… ;
  • les majorations de durée d'assurance, notamment pour les enfants et certaines situations familiales.

À faire maintenant

Téléchargez votre relevé en PDF et marquez chaque année vide, incomplète ou incohérente. Comparez ensuite ces années-là à vos anciens documents et à vos souvenirs de carrière — c'est votre mémoire qui repère ce qu'un algorithme ne voit pas.

2. Faire corriger les anomalies avant la demande

À partir de 55 ans, le service officiel « Corriger ma carrière », opéré par le GIP Union Retraite, permet de signaler en ligne aux régimes les emplois manquants et les incohérences. Les caisses concernées sont informées directement et le suivi reste visible depuis votre compte.

Avant 55 ans, utilisez les coordonnées des régimes affichées dans « Ma carrière » pour demander la correction à la caisse concernée. Il n'existe pas de guichet en ligne unique équivalent avant cet âge.

Justificatifs demandés selon la nature de l'anomalie. Source : FAQ de l'Assurance retraite.
Situation à justifierPièces généralement utiles
Emploi salariéBulletins de paie, certificat ou attestation d'employeur conformes au livre de paie
ChômageAttestations de France Travail, ou anciennes attestations Assédic
Maladie, maternitéAttestations de paiement des indemnités journalières
InvaliditéAttestation de pension d'invalidité
Service nationalÉtat signalétique et des services, ou attestation de l'autorité militaire
ApprentissageBulletins de salaire, contrat, certificat de chambre consulaire ou diplôme

Un point que nous ne pouvons pas affirmer

Nous n'avons trouvé aucune source officielle énonçant un délai limite pour demander la correction d'un relevé de carrière. Les seules bornes publiées concernent l'ouverture du service en ligne, de 55 ans jusqu'au départ. Méfiez-vous donc des affirmations péremptoires que l'on lit ailleurs sur ce point : en cas de doute, écrivez à votre caisse.

À faire maintenant

Ne demandez pas dix corrections en bloc et sans classement : le dossier devient illisible et les réponses se perdent. Préparez une liste par année — anomalie constatée, régime concerné, pièce disponible, date de la demande, réponse reçue.

3. Vérifier le service national

Les périodes de service national valident des trimestres. Au régime général, la règle est d'un trimestre pour chaque période de 90 jours, dans la limite de quatre trimestres par année civile. La validation est en principe automatique pour le service classique, mais elle manque parfois au relevé. Le service national en aide technique ou en coopération y est assimilé.

Le justificatif est l'état signalétique et des services, à demander au Service historique de la Défense. Une précision utile : si vous avez droit à une retraite d'un régime spécial militaire, ce régime est prioritaire.

À faire maintenant

Si vous avez effectué votre service national, repérez l'année correspondante sur le relevé. Une année totalement vide alors que vous étiez incorporé doit être examinée.

4. Vérifier le chômage, la maladie, la maternité et l'invalidité

Toutes les périodes sans emploi ne sont pas des trous de carrière. Encore faut-il qu'elles figurent au relevé — et les règles ont changé plusieurs fois, ce qui explique bien des oublis.

Source : Service-Public.fr, fiche F31249. Dans tous les cas : 1 trimestre pour 50 jours, maximum 4 par année civile.
SituationPrise en compte
Chômage indemnisé (depuis 1980)Sans limite de durée : ARE, ASS, allocation des travailleurs indépendants, ASP, allocation de reclassement, activité partielle…
Chômage non indemnisé, après une période indemnisée1 an — porté à 5 ans si trois conditions sont réunies : 55 ans ou plus à la fin de l'indemnisation, au moins 20 ans de cotisations (80 trimestres), aucun droit acquis dans un nouveau régime
Première période de chômage jamais indemnisée, à partir de 20111 an et demi (6 trimestres) maximum
Première période de chômage jamais indemnisée, avant 20111 an (4 trimestres) maximum
Chômage avant 1980Toutes périodes, indemnisées ou non

Les autres périodes assimilées suivent leurs propres règles : maladie et accident du travail, 1 trimestre par 60 jours d'indemnisation ; maternité, 1 trimestre par 90 jours ; invalidité, 1 trimestre par trimestre civil comprenant 3 mensualités de pension.

À faire maintenant

Pour chaque période de chômage ou d'arrêt prolongé, regardez si des trimestres apparaissent effectivement. En cas d'absence, retrouvez l'attestation de l'organisme payeur — ou demandez-en une copie sans attendre.

5. TUC, stages et apprentissage : contrôler les périodes de jeunesse

C'est le point le moins connu de ce guide, et l'un des plus rentables. Ces périodes ne doivent pas être négligées sous prétexte qu'elles n'étaient pas un emploi salarié classique.

Vous avez fait un TUC entre 1984 et 1990 ?

Depuis le 1er septembre 2023, les travaux d'utilité collective accomplis entre 1984 et 1990 ouvrent droit à 1 trimestre assimilé par 50 jours. Même chose pour les stages de formation professionnelle continue — stages du plan Barre, jeunes volontaires, programmes d'insertion locale, stages d'initiation à la vie professionnelle, principalement entre 1977 et 1992 —, à raison de 1 trimestre par 50 jours, dans la limite de 4 par année civile.

La démarche est à votre initiative : rien n'est ajouté automatiquement. Si vous avez eu vingt ans dans les années 1980, vérifiez.

Apprentissage : trois périodes à distinguer

  • Avant le 1er juillet 1972 : pas de validation automatique, la rémunération n'étant alors pas obligatoire. Un versement de cotisations permet de régulariser la période. Le nombre de trimestres est égal au nombre total de jours divisé par 90, arrondi à l'entier le plus proche, par année civile — limité à 4 trimestres lorsque la régularisation repose sur une attestation sur l'honneur.
  • Du 1er juillet 1972 au 31 décembre 2013 : le relevé se complète sur production des bulletins de salaire ou des pièces justifiant la qualité d'apprenti. Si la rémunération d'apprenti n'a pas permis de valider quatre trimestres dans l'année, un rachat à tarif réduit est possible, sur 4 trimestres au maximum.
  • À compter du 1er janvier 2014 : une règle protectrice existe, et elle est peu connue. La circulaire Cnav no 2016-41 du 17 octobre 2016 prévoit de valider un nombre de trimestres correspondant à la durée du contrat d'apprentissage. Lorsque les salaires reportés n'y suffisent pas, le Fonds de solidarité vieillesse prend en charge un complément de cotisations pour atteindre ce nombre. Autrement dit : un contrat d'un an doit valider quatre trimestres, même si le salaire d'apprenti était faible.

À faire maintenant

Si vous avez commencé par un apprentissage, un TUC ou un stage de formation, ne regardez pas seulement le salaire affiché : vérifiez le nombre de trimestres inscrits en face. C'est là que se voit l'anomalie.

6. Repérer les années incomplètes et comprendre le seuil d'un trimestre

1 803 € pour un trimestre, 7 212 € pour l'année

Un trimestre ne s'acquiert pas parce que trois mois ont été travaillés : il dépend du revenu soumis à cotisations. Depuis 2014, ce revenu est égal au SMIC horaire brut au 1er janvier multiplié par 150 heures. En 2026 : 12,02 € × 150 = 1 803 € pour un trimestre, 7 212 € pour quatre, dans la limite de quatre par année civile. Le mécanisme complet — temps partiel, plusieurs employeurs, périodes sans salaire — est détaillé dans notre chapitre sur le calcul des trimestres.

Corollaire : 7 212 € bruts cotisés dans l'année suffisent à valider les quatre trimestres, quelle que soit la durée effectivement travaillée. Il n'existe aucune durée minimale de travail.

Confirmé par Service-Public.fr (fiche F1761, mise à jour le 1er janvier 2026) et par la circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025.

Une année à un, deux ou trois trimestres n'est donc pas forcément une erreur : elle peut refléter une activité courte ou faiblement rémunérée. À l'inverse, un emploi bref mais bien payé peut valider plusieurs trimestres.

À faire maintenant

Repérez toutes les années à moins de quatre trimestres. Pour chacune, comparez le salaire reporté à vos bulletins et au seuil applicable à l'année concernée — pas au seuil 2026. Le montant a changé chaque année.

7. Enfants, congé parental et années au foyer : trois contrôles distincts

Les droits liés aux enfants ne se résument pas à « huit trimestres par enfant ». Il faut distinguer la majoration maternité ou adoption, la majoration d'éducation, le congé parental et — lorsque la Caf a cotisé pour vous — l'assurance vieillesse des parents au foyer.

Au régime général, chaque enfant peut ouvrir droit à jusqu'à 8 trimestres, en deux blocs de quatre : 4 au titre de la maternité (ou de l'adoption) et 4 au titre de l'éducation.

Sources : Service-Public.fr (fiche F16336) et fiche pédagogique de l'Assurance retraite.
Enfant né ou adopté…Répartition des trimestres
Avant 2010Les 8 trimestres sont attribués automatiquement à la mère. Le père ne peut obtenir les majorations éducation et adoption que dans trois cas : décès de la mère avant la majorité de l'enfant, preuve qu'il a élevé seul l'enfant, ou désignation exclusive par l'acte d'adoption.
À partir de 2010Les 4 trimestres maternité vont automatiquement à la mère et ne sont pas partageables. Sur les 4 trimestres éducation, 2 vont automatiquement à la mère et 2 sont répartissables entre les parents.

Le piège : six mois après le quatrième anniversaire

Pour les enfants nés ou adoptés à partir de 2010, l'option de répartition des deux trimestres « éducation » doit être exercée dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant ou de son adoption. Passé ce délai, deux issues bien différentes :

  • Ni option ni désaccord exprimé : la loi y voit une désignation implicite de la mère, qui reçoit les quatre trimestres. L'option est définitivement fermée.
  • Désaccord exprimé dans le délai : la caisse tranche. Les trimestres reviennent au parent qui établit avoir assumé à titre principal l'éducation de l'enfant pendant la période la plus longue ; à défaut de preuve, ils sont partagés par moitié.

La nuance n'est pas théorique : exprimer son désaccord dans les six mois ouvre un examen au fond, ne rien faire le referme pour toujours. Et depuis la réforme de 2023, la mère conserve dans tous les cas un plancher de deux trimestres : seuls deux des quatre trimestres d'éducation sont réellement en jeu.

Trois droits connexes complètent le tableau :

  • Enfant handicapé (incapacité d'au moins 80 %) : 1 trimestre par période de 30 mois d'éducation, dans la limite de 8 trimestres, cumulable avec les autres majorations.
  • Congé parental : trimestres calculés de date à date (1 trimestre = 90 jours), mais non cumulables avec les majorations maternité, adoption et éducation — c'est la formule la plus favorable qui s'applique.
  • Années au foyer (AVPF) : si vous remplissiez les conditions de l'assurance vieillesse des parents au foyer, votre caisse d'allocations familiales a pu cotiser pour vous. Dans ce cas, des salaires et des trimestres sont reportés sur votre relevé et entrent dans le calcul de votre retraite. Une année « au foyer » n'est donc pas d'office une année sans droits.

La majoration de 10 % pour trois enfants

Si vous avez eu ou élevé au moins trois enfants, votre retraite est majorée de 10 %. Les deux parents peuvent en bénéficier. Elle est calculée sans que vous ayez à la demander, et s'applique au montant total de la retraite, surcote comprise.

Les enfants biologiques sont pris en compte sans condition d'éducation ni de résidence ; les enfants du conjoint le sont s'ils ont été élevés et à charge pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire.

Et elle est imposable

C'est contre-intuitif, car ces majorations étaient exonérées autrefois. Depuis les revenus de 2013, les majorations pour enfants entrent dans l'assiette de l'impôt sur le revenu. En contrepartie, la CSG applicable à cet avantage devient déductible.

À faire maintenant

Pour chaque enfant, vérifiez séparément : trimestres maternité ou adoption, trimestres éducation, éventuel congé parental, et années AVPF. Quatre compteurs différents, quatre vérifications différentes.

8. La surcote — et la surcote parentale

La surcote de droit commun majore la pension de 1,25 % par trimestre civil entier cotisé, soit 5 % pour une année pleine. Deux conditions cumulatives : avoir dépassé l'âge légal et totaliser déjà le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Aucun plafond n'est mentionné par les sources officielles. Pendant la prolongation, vous continuez d'acquérir des points Agirc-Arrco ou Ircantec.

La surcote parentale : 5 % de plus, sous conditions

Créée par la réforme de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, décret n° 2023-799 du 21 août 2023), en vigueur depuis le 1er septembre 2023.

La surcote parentale concerne actuellement les assurés nés à partir du 1er avril 1965 qui remplissent les conditions de majoration liées à la parentalité. Elle peut valoriser les trimestres cotisés au cours de l'année précédant leur âge légal, au-delà de la durée requise pour le taux maximum, dans la limite de 5 %.

La majoration doit avoir été acquise au titre de la maternité, de l'éducation, de l'adoption, d'un enfant handicapé ou du congé parental : au moins un trimestre suffit.

Elle vise les assurés qui atteignent la durée requise avant l'âge légal et qui perdaient jusque-là le bénéfice de leurs trimestres excédentaires. Vérifier que vos trimestres de majoration figurent bien au relevé est le préalable indispensable. Le détail des deux surcotes.

À faire maintenant

Dans « Mon estimation retraite », comparez au moins deux dates de départ. Ne partez pas automatiquement le premier jour où le taux plein devient possible sans avoir regardé ce que rapportent un trimestre ou une année de plus.

9. Le rachat de trimestres : simuler avant de payer

Le versement pour la retraite, dit dispositif « Fillon », permet de racheter 12 trimestres au total, tous motifs confondus, à deux titres :

  • les années d'études supérieures ayant donné lieu à l'obtention d'un diplôme (l'admission dans une grande école y est assimilée) ; 90 jours consécutifs valent 1 trimestre ;
  • les années incomplètes, c'est-à-dire celles où moins de 4 trimestres ont été validés.

Deux options existent : l'option « taux seul », moins chère, qui réduit uniquement la décote ; et l'option « taux et durée », plus chère, qui compte aussi pour la durée d'assurance. Conditions : avoir au moins 20 ans et moins de 67 ans, et ne pas avoir déjà demandé sa retraite. Le coût dépend de votre âge, de vos revenus et de l'option choisie.

Racheter des trimestres ne fait pas partir en carrière longue

C'est une confusion coûteuse, et elle peut porter sur plusieurs milliers d'euros. Un rachat de trimestres peut améliorer le taux ou la durée d'assurance qui servent au calcul de votre retraite. Mais il ne permet pas, en principe, d'acquérir les trimestres cotisés qui ouvrent le droit à un départ anticipé pour carrière longue.

La règle vaut pour les versements pour la retraite — années d'études, années incomplètes — demandés depuis le 13 octobre 2008, et cela quelle que soit l'option choisie. Deux exceptions notables : le rachat au titre de l'apprentissage (contrats conclus entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013) et le rachat Madelin des travailleurs indépendants, qui produisent bien des trimestres cotisés retenus pour la carrière longue.

Avant de payer, posez donc la question à votre caisse dans ces termes exacts : ce rachat sera-t-il retenu pour l'ouverture de mon droit à la retraite anticipée ?

À ne pas confondre avec deux dispositifs distincts : le rachat des stages obligatoires en entreprise (2 mois minimum, débutés après le 14 mars 2015, maximum 2 trimestres, à demander au plus tard le 31 décembre de l'année civile de vos 30 ans, au tarif forfaitaire de 481 € par trimestre), et le rachat au titre de l'apprentissage.

À faire maintenant

Ne rachetez pas des trimestres au seul motif qu'une année est incomplète. Un rachat n'est pas automatiquement rentable : comparez d'abord votre date de taux plein et le gain de pension attendu avec le coût du versement. L'Assurance retraite met à disposition un simulateur officiel.

10. Vérifier tous vos régimes, puis déposer au bon moment

Salarié du privé, indépendant, agent public, salarié agricole, changements de statut : une carrière ordinaire ouvre souvent des droits dans plusieurs régimes. Le service « Demander ma retraite » d'info-retraite.fr affiche les régimes rattachés à vos activités et permet une seule demande pour l'ensemble des régimes de base et complémentaires sélectionnés.

Sur le calendrier, les sources officielles ne donnent pas toutes le même chiffre, et nous préférons le dire : l'Assurance retraite recommande 5 mois avant la date de départ souhaitée ; Service-Public.fr indique « au moins 5 mois » dans son texte et « 4 à 6 mois » dans sa vidéo ; info-retraite.fr écrit « 4 à 5 mois ». Retenez cinq mois, et n'attendez pas. Si votre date de départ n'est pas encore fixée, notre calculateur d'âge de départ vous la donne en trois questions.

Deux règles expliquent pourquoi le retard coûte cher :

  • Le point de départ de la retraite est toujours le premier jour d'un mois.
  • Il ne peut pas être antérieur au dépôt de votre demande : en pratique, le premier jour du mois qui suit la réception, sauf lorsque la demande est reçue le premier jour d'un mois — ce jour-là peut alors être retenu, sur demande de l'assuré. Une demande en retard décale mécaniquement votre premier versement.

La retraite n'est jamais attribuée automatiquement : vous devez la demander. Le brouillon en ligne est conservé 90 jours, et l'application mobile permet de numériser les justificatifs. Un équivalent papier existe : le formulaire cerfa n° 51672#05.

À faire maintenant

Avant d'envoyer, vérifiez la liste des régimes affichés dans votre compte retraite et comparez-la à votre parcours professionnel réel. Puis conservez le récapitulatif et la preuve de transmission.

11. À réception de la notification : contrôler le montant et les délais

La notification n'est pas un document à classer sans le lire. Vérifiez le nombre de trimestres retenus, le salaire annuel moyen utilisé, le taux, les majorations et la date d'effet, puis comparez ces éléments à votre relevé corrigé et à votre estimation.

Sources : Service-Public.fr, fiches F2499 et F2500.
ÉtapeDélaiPoint de vigilance
1. Commission de recours amiable (CRA) — obligatoire avant toute action en justice2 mois à compter de la notification de la décision contestéePar lettre recommandée avec accusé de réception
2. Réponse de la CRA2 mois à compter de la réception de votre demandePassé ce délai, le silence vaut rejet — un rejet lui-même contestable
3. Tribunal judiciaire, pôle social2 mois à compter de la notification de la décision de la CRA, ou de l'expiration de son délai de réponseNe pas confondre avec la commission médicale de recours amiable, qui obéit à d'autres délais

Une simple demande d'explication au service client ne remplace pas un recours et n'arrête pas le compte à rebours. Notre page contester une décision de retraite détaille chaque étape.

Le médiateur suspend vos délais : c'est capital

Chaque caisse régionale dispose d'un médiateur, compétent pour le régime général de base uniquement. Sa saisine suppose une réclamation écrite préalable, dans un délai maximum de 6 mois après cette réclamation, ou de 2 mois après la notification d'une décision de droits ou d'une décision de la CRA.

Point décisif : la saisine du médiateur suspend, à compter de la notification de recevabilité, les délais de recours devant la CRA et devant la juridiction. Autrement dit, saisir le médiateur ne vous fait pas perdre vos droits. Son délai d'instruction est d'un mois, sauf cas complexe.

À faire maintenant

Le jour où vous recevez la notification, notez la date de réception. Si le montant ou les éléments de calcul vous semblent faux, ne laissez pas le délai s'écouler pendant que vous cherchez des explications.

Trois droits à vérifier en plus, selon votre situation

Vérifier sa retraite ne consiste pas seulement à retrouver des trimestres manquants. Trois dispositifs peuvent augmenter vos ressources ou celles de votre conjoint. Nous les gardons hors des onze contrôles de carrière pour ne pas mélanger les sujets — ils relèvent de notre rubrique Droits.

  • Minimum contributif : à vérifier pour les petites retraites de base, lorsque les conditions de taux plein sont remplies.
  • ASPA : allocation de solidarité sous conditions d'âge, de résidence et de ressources. Elle doit être demandée, et obéit à des règles de récupération sur succession.
  • Pension de réversion : à vérifier en cas de décès du conjoint ou de l'ex-conjoint. Les conditions diffèrent selon les régimes.

La checklist à cocher avant d'envoyer sa demande

portailretraite.fr — Vérifier sa retraite avant de la liquider · Mis à jour le 10 septembre 2026

  1. J'ai téléchargé mon relevé de carrière et je l'ai relu année par année.
  2. J'ai identifié les années vides ou incomplètes et demandé les corrections nécessaires.
  3. J'ai vérifié le service national, le chômage, la maladie, la maternité et l'invalidité si je suis concerné.
  4. J'ai vérifié les TUC, les stages de formation et les années d'apprentissage.
  5. J'ai contrôlé les années à moins de quatre trimestres avec les seuils de l'époque.
  6. J'ai contrôlé les droits pour chaque enfant, le congé parental et les éventuelles années AVPF.
  7. J'ai comparé plusieurs dates de départ et l'effet éventuel d'une surcote.
  8. Je n'envisage un rachat de trimestres qu'après simulation de son coût et de son gain.
  9. Tous les régimes liés à mes activités apparaissent dans mon compte retraite.
  10. Ma demande est préparée quatre à six mois avant la date souhaitée — cinq mois est un bon repère — et j'en conserverai la preuve d'envoi.
  11. À réception, je vérifierai la notification et noterai immédiatement la date limite d'un éventuel recours.

Un conseil simple

Un relevé complet ne garantit pas à lui seul que le montant final sera exact. Mais un relevé incomplet garantit presque toujours qu'il faudra corriger quelque chose. Plus la vérification commence tôt, plus il est facile de retrouver les pièces et d'obtenir une réponse avant la date de départ.

Suite du guide

Chapitre suivant : Carrière longue — partir avant l'âge légal
Les quatre bornes de début d'activité, la condition des 5 trimestres et ce qui fait échouer un dossier.

Voir tous les chapitres du guide

Comment nous avons vérifié. Chaque règle de ce guide s'appuie sur des sources officielles : fiches Service-Public.fr, circulaires et FAQ de l'Assurance retraite, pages d'info-retraite.fr et de l'Agirc-Arrco, rapport de certification de la Cour des comptes et rapport no 2814 de l'Assemblée nationale. Un point n'a pas pu être établi et il est signalé comme tel dans le texte : l'existence d'un délai limite pour demander la correction d'un relevé. Ce guide est une information générale et ne remplace pas l'examen de votre dossier par votre caisse.