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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 10 septembre 2026
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Recettes & nutrition

Avec l'âge, l'appétit diminue souvent plus vite que les besoins : ceux en énergie ne baissent que légèrement, et ceux en protéines augmentent. Voici les repères officiels applicables après 65 ans et les signaux d'alerte à ne jamais négliger.

Une précision d'honnêteté, avant de commencer

Il n'existe pas encore de repères alimentaires PNNS grand public spécifiques aux 65 ans et plus. Le site officiel Manger Bouger l'écrit lui-même : les recommandations ont été publiées pour les adultes (2019) et les moins de 3 ans (2021), et les prochaines concerneront les 4-17 ans, les femmes enceintes et les plus de 75 ans.

Ce qui existe pour les seniors : un avis de l'ANSES du 23 décembre 2019 qui actualise les repères pour les femmes ménopausées et les hommes de plus de 65 ans, et une rubrique grand public consacrée aux plus de 75 ans. Nous nous en tenons à cela — et non aux « repères seniors » que l'on croise ailleurs et qui n'existent pas.

Les catégories de recettes

La rubrique s'organise en dix familles. Elles s'ouvriront au fil des publications : chaque nouvelle recette viendra remplir sa catégorie. En attendant, cette page rassemble les repères nutritionnels officiels sur lesquels ces recettes seront construites.

Entrées

Soupes, veloutés, salades complètes, tartines et petites assiettes faciles à mâcher.

À venir

Plats

Viandes, poissons, plats végétariens, plats mijotés, gratins et poêlées.

À venir

Desserts

Crèmes, compotes, gâteaux simples et desserts riches en calcium.

À venir

Petits-déjeuners

Idées protéinées, enrichies, faciles et rapides pour bien démarrer la journée.

À venir

Collations & goûters

Encas anti-dénutrition, biscuits maison et boissons enrichies.

À venir

Soupes & veloutés

Les recettes les plus adaptées aux seniors : digestes, hydratantes, faciles à enrichir.

À venir

Accompagnements

Légumes, féculents, purées, poêlées et options pauvres en sel.

À venir

Apéritifs

Apéritifs légers et faciles, riches en protéines ou en fibres, sans excès de sel.

À venir

Plats du monde

Cuisine méditerranéenne, asiatique, orientale — adaptée aux besoins des seniors.

À venir

Sauces & bases

Sauces maison pauvres en sel, bases enrichies et fonds de cuisson.

À venir

1. Les repères officiels applicables

L'ANSES conclut que les repères définis pour les adultes s'appliquent après 65 ans — c'est-à-dire les mêmes aliments aux mêmes fréquences. Les quantités, en revanche, demandent un ajustement : les besoins en énergie diminuant avec l'âge, l'avis prévoit « une légère diminution de la taille des portions par rapport à l'adulte » si l'activité physique reste inchangée. Quatre familles d'aliments échappent à cette réduction et gardent des portions proches de celles de l'adulte : les légumes, les fruits frais, les poissons et les produits céréaliers complets.

Repères adultes du PNNS, applicables après 65 ans. Sources : Santé publique France (2019), Manger Bouger, ANSES.
Groupe d'alimentsRepère
Fruits et légumesAu moins 5 par jour, par exemple 3 portions de légumes et 2 fruits
Fruits à coque non salésUne petite poignée par jour
Légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots)Au moins 2 fois par semaine
Féculents completsAu moins un par jour
Poisson2 fois par semaine, dont un poisson gras
Viandes hors volailleLimiter à 500 g par semaine ; privilégier la volaille
CharcuterieLimiter à 150 g par semaine
Produits laitiers2 par jour chez l'adulte. Les besoins peuvent être adaptés chez la personne âgée selon l'état nutritionnel et l'avis du professionnel de santé.
Matières grasses ajoutéesTous les jours en petite quantité ; privilégier colza, noix et olive
SucresPas plus de 100 g de sucres totaux par jour, et au maximum une boisson sucrée
SelMoins de 5 g par jour
AlcoolMaximum 2 verres par jour, et pas tous les jours

Pour les fruits et les légumes, Manger Bouger précise qu'une portion « adulte » correspond à 80 à 100 grammes. Les autres familles d'aliments sont exprimées en fréquences plutôt qu'en grammages.

2. Les protéines : 1 g par kilo et par jour

C'est le point le plus important de cette page, et le plus contre-intuitif : les besoins en protéines augmentent avec l'âge, alors même que l'appétit diminue.

Les chiffres de l'ANSES

  • Adulte général : référence nutritionnelle de 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour.
  • À partir de 65 ans : la référence passe à 1 g/kg/jour. L'avis ANSES du 23 décembre 2019 la chiffre à 65,1 g par jour pour les hommes et 55,6 g par jour pour les femmes.

Traduction alimentaire officielle, sur Manger Bouger : « une à deux fois par jour, de la viande, des œufs ou du poisson » — auxquels s'ajoutent les deux produits laitiers quotidiens et les légumes secs deux fois par semaine.

Ne pas confondre deux chiffres

1 g/kg/jour concerne la personne âgée en bonne santé. 1,2 à 1,5 g/kg/jour est l'objectif fixé par la HAS pour une personne âgée dénutrie, dans un contexte de prise en charge médicale, avec un apport énergétique de 30 à 40 kcal/kg/jour. Ces deux repères ne s'appliquent pas aux mêmes situations.

3. Calcium, vitamine D, eau, sel

Calcium

La référence nutritionnelle de l'ANSES est de 950 mg par jour à partir de 25 ans, avec une limite supérieure de sécurité à 2 500 mg. Point important : il n'existe pas de valeur spécifique pour les personnes âgées — l'ANSES indique que « les données se sont avérées insuffisantes pour donner des valeurs spécifiques » et que la valeur adulte s'applique par défaut.

Le chiffre de 1 200 mg par jour, souvent cité pour les seniors, correspond à un ancien apport nutritionnel conseillé de 2001 : il n'est pas repris dans les références actuelles de l'ANSES. Nous ne l'employons donc pas.

Vitamine D

Référence de 15 µg par jour (600 UI) pour tous les adultes, sans distinction pour les personnes âgées. L'ANSES reconnaît toutefois que « les personnes âgées constituent une population particulièrement vulnérable », la capacité à absorber ou synthétiser la vitamine D diminuant avec l'âge, et privilégie l'exposition au soleil et l'alimentation.

Sur la supplémentation, soyons précis : aucune recommandation officielle française de supplémentation systématique de tous les seniors n'existe. La supplémentation est présentée comme une réponse à une carence documentée ou à une situation clinique (dénutrition, ostéoporose), et l'ANSES met en garde contre les compléments alimentaires en raison du risque d'apports excessifs. Quant au dosage sanguin, la HAS « ne reconnaît pas d'utilité au dosage de vitamine D en routine », sauf situations particulières dont les chutes répétées. Parlez-en à votre médecin plutôt qu'à votre moteur de recherche.

Eau

Le repère officiel est de 1 à 1,5 litre par jour — « environ une grande bouteille d'eau », écrit Manger Bouger. Le chiffre de « 1,5 à 2 litres » que l'on lit souvent pour les seniors n'apparaît sur aucune source officielle que nous ayons consultée.

Le fait décisif : la sensation de soif s'atténue avec les années, jusqu'à parfois disparaître. Il faut donc boire régulièrement sans attendre d'avoir soif. Signes de déshydratation à connaître : bouche très sèche, peau fripée, constipation, diarrhée ou vomissements, fatigue importante, urines très colorées et très odorantes.

Sel

Moins de 5 g par jour, soit environ le contenu d'une petite cuillère à café. Les Français en consomment en moyenne 8,5 g par jour ; l'Assurance maladie mentionne environ 9 g chez les hommes et 7 g chez les femmes. Ce repère est le même en cas d'hypertension : il n'existe pas de seuil spécifique aux seniors.

4. Repérer la dénutrition

C'est le risque nutritionnel majeur après 70 ans, et il est largement sous-diagnostiqué. Il ne se voit pas toujours : une personne en surpoids peut être dénutrie.

Les critères de la HAS (recommandation du 10 novembre 2021, personnes de 70 ans et plus)

Le diagnostic exige au moins un critère phénotypique ET au moins un critère étiologique.

Critères phénotypiques : perte de poids ≥ 5 % en 1 mois, ou ≥ 10 % en 6 mois, ou ≥ 10 % par rapport au poids habituel avant la maladie ; IMC < 22 kg/m² ; sarcopénie confirmée.

Critères étiologiques : réduction de la prise alimentaire ≥ 50 % pendant plus d'une semaine, ou toute réduction pendant plus de deux semaines ; malabsorption ; situation d'agression (pathologie aiguë, chronique évolutive ou maligne).

Sévérité : dénutrition sévère si IMC < 20 kg/m², ou perte de poids ≥ 10 % en 1 mois ou ≥ 15 % en 6 mois, ou albuminémie ≤ 30 g/L. L'albuminémie est un critère de sévérité, pas de diagnostic. Le seuil d'IMC de 22 est spécifique aux 70 ans et plus.

Les signaux que l'on peut repérer soi-même

Le portail public Pour les personnes âgées énumère : perte d'appétit ; diminution des quantités prises à chaque repas ; diminution du nombre de repas ; baisse de la force musculaire, avec des difficultés à marcher ou à se lever ; vêtements qui flottent ou alliance qui ne tient plus au doigt ; chute, confusion ou dégradation de l'état général.

La règle du poids

Le poids ne doit pas varier de plus de 2 à 3 kilogrammes par rapport au poids habituel. Manger Bouger fixe le seuil d'alerte à 2 kg perdus en un mois ou 4 kg sur six mois : dans ce cas, consultez.

Fréquence de pesée recommandée : mensuelle pour un senior en bonne santé, hebdomadaire en cas de santé fragile. Et c'est lors des premiers kilos perdus qu'il est le plus facile d'inverser la tendance.

Que faire ? Les sources officielles convergent : enrichir plutôt que multiplier les repas — lait concentré entier, crème, beurre fondu, œufs, fromage râpé, lait en poudre ajoutés aux préparations —, éviter les produits allégés, et se rappeler qu'en situation de dénutrition aucun aliment n'est interdit. Trois repas par jour plus des collations. Les compléments nutritionnels oraux existent, mais demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.

Rappel. Ces informations sont générales et ne remplacent pas l'avis de votre médecin, de votre diététicien ou de votre pharmacien. En cas de perte de poids, de perte d'appétit persistante, de maladie chronique ou de traitement en cours, consultez avant de modifier votre alimentation.