Dépistages après 50 ans : les rendez-vous à ne pas oublier
La France organise trois programmes nationaux de dépistage. Deux d'entre eux s'ouvrent précisément à 50 ans. Ils reposent sur une invitation reçue par courrier, un rythme fixe et une prise en charge qui n'est pas la même dans les trois cas — un détail peu connu.
Trois programmes, et trois seulement
| Dépistage | Public | Rythme | Le point clé |
|---|---|---|---|
| Cancer colorectal | Femmes et hommes de 50 à 74 ans | Invitation tous les 2 ans | Kit remis gratuitement, analyse prise en charge à 100 % sans avance de frais |
| Cancer du sein | Femmes de 50 à 74 ans | Mammographie tous les 2 ans | Rien à payer ; seconde lecture systématique des mammographies jugées normales |
| Cancer du col de l'utérus | Femmes de 25 à 65 ans | Variable selon l'âge (voir plus bas) | L'analyse est prise en charge à 100 %, mais le prélèvement reste remboursé à 70 % |
Et le cancer du poumon ?
Il n'existe pas de dépistage organisé du cancer du poumon en France. Un programme de recherche, IMPULSION, est déployé dans cinq régions auprès de fumeurs et anciens fumeurs de 50 à 74 ans. L'Institut national du cancer le présente comme « un programme de recherche interventionnelle sur la personne humaine », dont les résultats pourraient servir de modèle à un déploiement à grande échelle « à l'horizon 2030 ». Nous ne le comptons donc pas comme un quatrième dépistage organisé.
Le cancer colorectal : le test qu'on remet à plus tard
Dès 50 ans et jusqu'à 74 ans, vous êtes invité par courrier, tous les deux ans, à réaliser un test à faire chez vous. Le kit est remis gratuitement et l'analyse est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais.
C'est le dépistage le moins suivi des trois, et le plus mal compris. Le test ne cherche pas un cancer : il cherche du sang invisible à l'œil nu dans les selles. Un résultat positif ne signifie pas que vous avez un cancer ; il justifie une coloscopie pour aller voir.
Une réserve importante
Ce programme s'adresse aux personnes à risque moyen. Si vous avez des antécédents personnels ou familiaux qui vous exposent davantage, vous ne relevez pas de ce test mais d'un suivi individuel adapté, généralement par coloscopie. C'est la principale source de malentendu : recevoir l'invitation ne veut pas dire que le test est la bonne réponse dans votre situation. Parlez-en à votre médecin.
Le cancer du sein : la seconde lecture, un filet peu connu
Le dépistage organisé concerne les femmes entre 50 et 74 ans, invitées tous les deux ans à réaliser une mammographie. Vous n'avez rien à payer : l'Assurance Maladie règle directement le radiologue.
La différence entre ce dépistage et une mammographie faite de votre côté tient en une phrase : dans le programme organisé, toute mammographie jugée normale est relue par un second radiologue expert. Cette relecture, « tout à fait spécifique au dépistage organisé », « permet de détecter 6 % des cancers du sein » repérés par le programme. C'est un argument qui vaut d'être connu au moment d'hésiter.
Le col de l'utérus : deux schémas selon l'âge
Le dépistage est proposé à toutes les femmes de 25 à 65 ans, et il ne fonctionne pas de la même façon avant et après 30 ans.
Entre 25 et 29 ans
C'est un examen cytologique — le frottis classique. Deux premiers tests à un an d'intervalle, puis, si les résultats sont normaux, un examen tous les trois ans.
Entre 30 et 65 ans
C'est un test HPV-HR, qui recherche les papillomavirus à haut risque. Il est réalisé trois ans après le dernier examen cytologique normal. Ensuite, tant que le résultat reste négatif, un nouveau test tous les cinq ans, jusqu'à 65 ans.
Ce dépistage n'est pas entièrement gratuit
Contrairement au sein et au colorectal, l'analyse est prise en charge à 100 % mais le prélèvement lui-même reste remboursé à 70 % du tarif conventionnel. Le solde relève de votre complémentaire, ou de vous. Nous préférons le dire plutôt que de laisser croire à une gratuité totale.
Ce que le dépistage organisé ne fait pas
Il s'adresse à des personnes sans symptôme et sans risque particulier. Il ne remplace jamais un bilan médical si vous ressentez quelque chose d'anormal, si vous avez des antécédents personnels ou familiaux, ou si votre médecin a identifié un risque spécifique. Une invitation manquée n'est pas grave ; un symptôme ignoré parce que « le dépistage était normal l'an dernier » l'est beaucoup plus.