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ArgentPER : comment sortir son épargne et quelle fiscalité en 2026 ?
La fiscalité du PER dépend d'un choix fait parfois des années plus tôt : avez-vous déduit vos versements volontaires de votre revenu imposable ? À la retraite, les droits issus de ces versements peuvent être liquidés en capital, en rente, ou en combinant les deux — et le capital peut être versé en plusieurs fois.
Une phrase à ne pas retenir
« Le PER est taxé à 31,4 % » est un contresens. Ce taux ne frappe que la part de gains. La part correspondant à vos versements suit une tout autre fiscalité, qui dépend de leur déduction ou non. Confondre les deux peut fausser une estimation du simple au double.
1. Si les versements ont été déduits
En sortie en capital, les deux parts se séparent :
- La part correspondant aux versements est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % applicable aux pensions. Elle n'est pas soumise aux prélèvements sociaux. Elle constitue un revenu exceptionnel, éligible au système du quotient quel que soit son montant — un point qui compte lorsque la somme est importante.
- La part correspondant aux gains relève du prélèvement forfaitaire : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % en 2026, sauf option globale pour le barème.
En sortie en rente, la rente relève du régime des pensions pour l'impôt sur le revenu, avec l'abattement de 10 % — plafonné à 4 439 € pour l'ensemble du foyer. Les prélèvements sociaux, eux, ne portent que sur une fraction de la rente, déterminée par votre âge au moment où elle commence.
2. Si les versements n'ont pas été déduits
En sortie en capital, la part correspondant aux versements est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Les gains restent imposés à 31,4 %, sauf option pour le barème.
En rente, la fiscalité suit le régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction de la rente est imposable, et cette fraction dépend de votre âge à l'entrée en jouissance.
La fraction imposable d'une rente viagère à titre onéreux
- Moins de 50 ans : 70 %
- De 50 à 59 ans inclus : 50 %
- De 60 à 69 ans inclus : 40 %
- À partir de 70 ans : 30 %
L'âge retenu est celui de l'entrée en jouissance de la rente, et il est figé une fois pour toutes. Décaler le départ de la rente de quelques mois peut donc faire changer de tranche.
Les versements bloqués par la nouvelle règle des 70 ans rejoignent ce second régime : non déductibles à l'entrée, ils sont exonérés d'impôt sur le revenu à la sortie. Vous ne payez pas deux fois.
3. Fractionner le capital est juridiquement possible
La loi prévoit que le capital peut être versé en une ou plusieurs fois. Vérifiez toutefois ce que prévoit votre contrat : nous n'avons trouvé aucune source officielle imposant au gestionnaire de proposer cette modalité.
Fractionner ne garantit aucune baisse d'impôt. L'effet dépend de votre revenu imposable de chaque année, de la nature des versements et des autres revenus du foyer. Étalé sur trois ans, un capital peut rester dans la même tranche — ou en changer.
4. Les cas de déblocage anticipé, à jour
Le code monétaire et financier autorise sept cas :
- Décès de l'époux, de l'épouse ou du partenaire de Pacs.
- Invalidité de 2e ou 3e catégorie du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs.
- Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité chez un enfant à charge — cas créé par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026.
- Surendettement du titulaire.
- Expiration des droits à l'assurance chômage, ou cessation de fonction de mandataire social depuis au moins deux ans.
- Cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire.
- Acquisition de la résidence principale — les droits issus des versements obligatoires restant bloqués.
Les listes à six cas sont périmées
Service-Public a intégré ce septième cas dans sa fiche sur le PER individuel le 18 juin 2026. Beaucoup de documentations privées — celles des banques et des assureurs notamment — en sont restées à six cas. Si vous êtes concerné, ne vous fiez pas à une liste qui ignore l'enfant.
Une réserve honnête : l'administration fiscale n'a pas encore publié sa doctrine sur le traitement fiscal du capital débloqué à ce titre. Faites-vous préciser ce point par écrit avant de déclencher le déblocage.
5. Résidence principale : le piège fiscal
Déblocage autorisé ne veut pas dire sortie sans impôt, et c'est ici que la confusion coûte le plus cher.
Les déblocages liés aux accidents de la vie — décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire — sont exonérés d'impôt sur le revenu sur la part correspondant aux versements.
Le déblocage pour acquérir sa résidence principale n'entre pas dans cette exonération. Il suit le régime de la sortie à l'échéance : barème progressif sans abattement de 10 % sur les versements déduits, et 31,4 % sur les gains. Autrement dit, vous financez votre logement avec une somme qui sera imposée l'année suivante : prévoyez-le dans le plan de financement.
Questions fréquentes
Puis-je retirer tout mon PER en une seule fois ?
Lorsque les droits sont éligibles à une sortie en capital et qu'aucune option irrévocable pour la rente ne s'y oppose, oui : le capital peut être versé en une ou plusieurs fois.
Le PER est-il taxé à 30 % en 2026 ?
Non, cette formule est doublement dépassée. Le prélèvement forfaitaire est passé à 31,4 % (12,8 % + 18,6 %), et il ne s'applique qu'à la part de gains. La part correspondant aux versements obéit à une autre fiscalité, selon qu'ils ont été déduits ou non.
Peut-on débloquer le PER pour acheter sa résidence principale ?
Oui pour les droits concernés, à l'exception notamment de ceux issus de versements obligatoires. Mais la sortie reste fiscalisée : voir le point 5 ci-dessus.