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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 10 septembre 2026
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Décryptage

Aide carburant de 100 € : les « grands rouleurs » ont jusqu'au 30 septembre pour la demander

Le report avait été annoncé début septembre par Bercy. Le texte qui le rend applicable, lui, n'est paru au Journal officiel que ce matin. Vous avez donc bien jusqu'au 30 septembre 2026 pour demander l'indemnité carburant de 100 € — à condition de travailler encore, de rouler beaucoup et de rester sous un plafond de revenus précis. Voici ce que le décret exige réellement, et le piège que peu de lecteurs voient venir : les justificatifs sont à garder cinq ans.

Publié le 10 septembre 2026 — informations réglementaires vérifiées à cette date

La date du 30 septembre est publiée depuis ce matin

Règle juridique

Le guichet de l'indemnité carburant a été ouvert le 27 mai 2026. Sa fermeture a été repoussée deux fois. L'arrêté du 28 mai la fixait au 30 juillet ; celui du 31 juillet l'a portée au 31 août ; et l'arrêté du 8 septembre 2026, paru au Journal officiel du 10 septembre 2026, remplace « 31 août 2026 » par « 30 septembre 2026 ».

Ce détail de calendrier n'est pas anecdotique. Le ministère de l'Économie et l'administration fiscale annoncaient la nouvelle date depuis le 3 septembre, mais le texte qui la rend opposable n'existait pas encore. Il existe depuis ce matin.

Une conséquence pratique : le document d'aide en ligne n'est pas à jour

Le document de questions-réponses mis à disposition sur impots.gouv.fr indique encore que le formulaire est ouvert « du 27 mai au 31 août 2026 ». Il n'a pas été actualisé après les reports. C'est bien le 30 septembre 2026 inclus qui fait foi, conformément à l'arrêté paru ce jour et à l'actualité publiée par la Direction générale des finances publiques.

La demande est déposée sous peine de forclusion : passé le 30 septembre, il n'y a ni recours ni rattrapage. C'est le seul mot du texte qu'il faut retenir absolument.

100 €, une fois par personne et une fois par véhicule

Règle juridique

Le décret du 30 avril 2026 avait fixé l'indemnité à 50 €. Un second décret, le 28 mai, a remplacé ce montant par 100 €. C'est ce montant qui s'applique aujourd'hui, quel que soit votre kilométrage réel : il s'agit d'un forfait, pas d'un remboursement.

Le ministère de l'Économie présente cette somme comme l'équivalent d'environ 20 centimes par litre pendant six mois, sur la base d'une consommation moyenne, et estime que le dispositif peut concerner près de trois millions de travailleurs modestes. Ces deux ordres de grandeur sont ceux annoncés par Bercy ; ils ne figurent pas dans le décret.

La règle d'unicité, plus stricte qu'il n'y paraît

Le décret pose deux limites, et non une seule : « Un demandeur ne peut bénéficier que d'une seule indemnité. Un même véhicule ne peut donner lieu au versement de plusieurs indemnités. »

Autrement dit : si vous possédez deux voitures et que vous roulez beaucoup avec les deux, vous toucherez 100 €, pas 200 €. En revanche, deux personnes d'un même foyer qui travaillent toutes les deux et utilisent chacune son véhicule peuvent déposer chacune sa demande. Ce qui est interdit, c'est de cumuler deux indemnités sur une même tête ou sur une même plaque.

Les conditions, telles que le décret les écrit

Règle juridique

Toutes les conditions ci-dessous s'apprécient au titre des revenus de l'année 2024, c'est-à-dire de la déclaration déposée au printemps 2025. Elles sont cumulatives : il suffit qu'une seule manque pour que la demande soit rejetée.

Conditions d'éligibilité à l'indemnité carburant. Source : décret no 2026-333 du 30 avril 2026, articles 2 et 3, modifié par le décret no 2026-417 du 28 mai 2026.
ConditionCe que le texte exige
Où vous êtes établi France métropolitaine, Mayotte, Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion, avec un domicile fiscal en France au titre de 2024.
Âge Au moins 16 ans au 31 décembre 2024.
Nature de vos revenus Avoir déclaré au titre de 2024 un revenu d'activité : traitements et salaires hors chômage et préretraite, bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices non commerciaux ou bénéfices agricoles.
Niveau de revenus Revenu fiscal de référence par part du foyer inférieur ou égal à 16 880 € au titre de 2024.
Patrimoine Ne pas avoir été redevable de l'impôt sur la fortune immobilière au titre de 2024.
Distance Plus de 15 km par trajet et par jour entre le domicile et le lieu de travail, ou plus de 8 000 km par an dans le cadre de l'activité professionnelle, trajets domicile-travail compris.
Véhicule Deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique ou hybride non rechargeable, utilisé à des fins professionnelles — cet usage n'a pas à être exclusif.
État du véhicule Régulièrement assuré à la date de la demande et non considéré comme endommagé au sens des articles L. 327-1 à L. 327-6 du code de la route.
Véhicules exclus Quadricycles lourds à moteur, véhicules agricoles, poids lourds, véhicules de fonction ou de service. Les véhicules électriques ne sont pas visés par le dispositif, qui porte sur le carburant.

Deux nuances méritent l'attention. D'abord, la condition de distance est alternative : l'une ou l'autre suffit. Quelqu'un qui fait 12 km pour aller travailler mais 9 000 km par an en tournées professionnelles est éligible. Ensuite, le décret écrit « plus de 15 kilomètres » et « plus de 8 000 kilomètres », là où le document d'aide de l'administration écrit « au moins ». À la marge exacte — 15 km tout rond, 8 000 km tout rond —, c'est la rédaction du décret qui fait le droit.

Retraité, au chômage, en préretraite : ce que le texte exclut

Règle juridique

Cette aide ne dépend pas de l'âge : aucune limite haute n'est prévue. Mais elle dépend de la nature des revenus déclarés en 2024, et c'est là que beaucoup de nos lecteurs vont buter.

Le décret énumère les rubriques de la déclaration qui ouvrent droit à l'indemnité, et il précise noir sur blanc que les traitements et salaires sont retenus « hors chômage et préretraite ». Une pension de retraite n'est pas davantage un revenu d'activité.

Concrètement

  • Vous êtes retraité et vous ne travaillez plus : vous n'êtes pas éligible, même si vous roulez énormément.
  • Vous étiez au chômage ou en préretraite en 2024 sans autre revenu d'activité : vous n'êtes pas éligible.
  • Vous êtes en cumul emploi-retraite et vous avez déclaré des salaires, des BIC, des BNC ou des bénéfices agricoles en 2024 : la condition de revenus d'activité est remplie, et les autres conditions s'examinent normalement.
  • Vous travaillez encore à plus de 50 ans, en zone rurale ou périurbaine, avec de longs trajets quotidiens : c'est exactement le profil visé.

Un point de vocabulaire, pour finir sur ce chapitre : l'expression « grands rouleurs » n'a rien d'officiel dans le décret, qui parle simplement de « ménages utilisant un véhicule à des fins professionnelles ». C'est la formule de communication retenue par Bercy et par l'administration fiscale, et c'est sous ce nom que vous trouverez le formulaire.

Comment faire la demande

Information officielle

Tout se passe en ligne, sur impots.gouv.fr, et le décret ne prévoit aucune autre voie : pas de formulaire papier, pas de démarche au guichet.

La marche à suivre indiquée par l'administration fiscale tient en trois temps. Vous répondez d'abord aux questions du simulateur d'éligibilité, en accès libre. S'il vous déclare éligible, vous vous connectez à votre espace particulier — avec votre numéro fiscal et votre mot de passe, ou par FranceConnect. Le formulaire s'ouvre alors, et vous le remplissez.

Ce qu'il faut avoir sous la main

  • Votre numéro fiscal (13 chiffres, en haut de votre déclaration ou de votre avis d'impôt).
  • Le numéro d'immatriculation du véhicule.
  • Le numéro de formule de la carte grise — une référence à onze caractères imprimée sur le certificat d'immatriculation, demandée pour les véhicules immatriculés après 2009.
  • Une adresse électronique, vivement conseillée pour recevoir l'accusé de réception.

Vous devrez enfin cocher une attestation sur l'honneur portant sur l'usage professionnel du véhicule et sur les distances parcourues. À la fin, un numéro de suivi s'affiche et un récapitulatif est téléchargeable : conservez-les.

Aucun justificatif à fournir — mais cinq ans à les conserver

Règle juridique

C'est le point le moins mis en avant, et le plus important. Au moment de la demande, vous ne joignez aucune pièce : vous déclarez, et l'administration vous croit. Cela ne signifie pas que le sujet est clos.

L'article 7 du décret oblige le bénéficiaire à conserver pendant cinq ans, à compter de la date de versement, les documents attestant qu'il remplissait bien les conditions. Pendant ce même délai, les agents des finances publiques peuvent demander communication de tout document, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier l'éligibilité. Le bénéficiaire dispose alors d'un mois pour répondre.

En cas de somme indûment perçue, elle est récupérée. Et lorsque l'aide a été accordée « sur la base d'informations inexactes ou incomplètes », le montant à reverser est majoré dans les conditions de l'article L. 115-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le décret précise que cette procédure n'est pas un contrôle fiscal ; elle n'en a pas moins des conséquences financières.

Conseil pratique de la rédaction

Ce n'est pas une obligation légale de forme, seulement une habitude que nous jugeons utile : le jour où vous déposez la demande, rangez dans une même enveloppe — ou un même dossier sur votre ordinateur — la copie de votre carte grise, votre attestation d'assurance de la même date, et de quoi établir vos trajets professionnels (contrat de travail mentionnant le lieu, attestation de l'employeur, relevé kilométrique, agenda de tournées). Cinq ans, c'est long, et personne ne retrouve en 2031 un justificatif qu'il n'a pas classé en 2026.

Quand l'argent arrive

Information officielle

Le décret prévoit que l'indemnité est versée par la Direction générale des finances publiques, après traitement de la demande, sur le compte bancaire communiqué à l'administration fiscale par le foyer au titre de l'impôt sur le revenu. Si vos coordonnées bancaires ont changé, c'est donc dans votre espace particulier qu'il faut les mettre à jour, avant de déposer la demande.

Le ministère de l'Économie annonce un délai d'environ dix jours entre l'acceptation du dossier et le virement. Ce délai est une indication de gestion : il ne figure dans aucun texte et n'est pas opposable à l'administration.

À retenir

  • 100 €, forfaitaires, quel que soit votre kilométrage réel.
  • 30 septembre 2026 inclus, sous peine de forclusion. La date est fixée par l'arrêté du 8 septembre 2026, publié au Journal officiel du 10 septembre.
  • Il faut avoir déclaré un revenu d'activité en 2024 — pension, chômage et préretraite ne comptent pas — et un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 €.
  • Plus de 15 km par trajet quotidien domicile-travail ou plus de 8 000 km par an à titre professionnel. L'une ou l'autre suffit.
  • Véhicule thermique ou hybride non rechargeable, deux à quatre roues, assuré et non endommagé. Ni véhicule de fonction, ni poids lourd, ni engin agricole.
  • Une seule indemnité par personne, une seule par véhicule.
  • La demande est entièrement en ligne sur impots.gouv.fr, avec numéro fiscal, immatriculation et numéro de formule de la carte grise.
  • Aucun justificatif à joindre — mais cinq ans à les conserver, et un mois pour répondre si l'administration en demande.

Pour aller plus loin sur le site

  • Argent — épargne, fiscalité, patrimoine et transmission après 50 ans
  • Cumul emploi-retraite — travailler après la liquidation, et ce que cela change
  • Vie pratique — démarches en ligne, numérique, arnaques et quotidien

Rappel. Les règles présentées sont celles publiées par les services de l'État à la date de vérification indiquée en tête d'article. Les points signalés comme « conseil pratique de la rédaction » ne relèvent d'aucune obligation légale : ce sont des habitudes que nous jugeons utiles, rien de plus. Cette aide n'est pas réservée aux personnes de plus de 50 ans ; elle repose sur des conditions d'activité, de revenus et de déplacement.

Sources

Textes de référence : décret no 2026-333 du 30 avril 2026 (JORF no 0103 du 2 mai 2026), décret no 2026-417 du 28 mai 2026 (JORF no 0125 du 30 mai 2026), arrêtés des 28 mai, 31 juillet et 8 septembre 2026 (JORF no 0211 du 10 septembre 2026 pour le dernier), article L. 115-1 du code des relations entre le public et l'administration, articles L. 327-1 à L. 327-6 du code de la route. Page vérifiée le 10 septembre 2026.