ALD : ce que le remboursement à 100 % couvre réellement
Recevoir une notification d'affection longue durée soulage : on comprend que tout sera pris en charge. La réalité est plus étroite. Le 100 % porte sur une base de remboursement, et sur les seuls soins liés à l'affection. Voici, poste par poste, ce qui reste à votre charge — et ce qui change au 1er octobre 2026.
Le principe, dans les mots de l'Assurance Maladie
Une ALD est dite exonérante lorsque la gravité ou le caractère chronique de l'affection nécessite un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse. Le ticket modérateur est alors supprimé.
La formule employée par l'Assurance Maladie mérite d'être lue mot à mot : vos frais de santé liés à votre maladie sont pris en charge « au maximum remboursable par la Sécurité sociale », c'est-à-dire à 100 % de la base de remboursement. Deux limites sont contenues dans cette seule phrase :
- Le taux s'applique à une base, pas à ce que vous payez réellement. Si le professionnel facture au-delà, l'écart n'est pas couvert.
- Il ne concerne que les soins en rapport avec l'ALD, selon le protocole de soins établi avec votre médecin traitant. Le reste de votre santé continue d'être remboursé aux taux habituels.
Ce qui reste à votre charge
| Poste | Pourquoi |
|---|---|
| Dépassements d'honoraires | Ils se situent au-dessus de la base de remboursement |
| Écart entre le tarif de remboursement et le prix réel d'un dispositif médical | Même mécanisme |
| Participation forfaitaire et franchises médicales | Elles ne sont pas supprimées par l'ALD |
| Forfait hospitalier | Il n'est jamais remboursé par l'Assurance Maladie |
| Prestations et médicaments non remboursables | Hors du champ de l'Assurance Maladie |
| Soins sans rapport avec l'ALD | Remboursés aux taux habituels |
L'ALD n'exonère pas des franchises
C'est le point qui surprend le plus. La participation forfaitaire de 2 € et la franchise médicale — 1 € par boîte de médicaments, 1 € par acte paramédical, 4 € par transport sanitaire — continuent de s'appliquer. Chacune est plafonnée à 50 € par personne et par année civile, soit 100 € au total. Ces deux plafonds passent à 70 € chacun le 1er octobre 2026, soit 140 €.
Les exonérations existent, mais elles tiennent à d'autres situations : bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ou de l'AME, moins de 18 ans, grossesse à partir du sixième mois, titulaires d'une pension militaire d'invalidité, victimes d'un acte de terrorisme. Être en ALD n'en fait pas partie.
Ce qui change au 1er octobre 2026
Le décret n° 2026-285 du 16 avril 2026 supprime, à compter du 1er octobre 2026, l'exonération de participation dont bénéficiaient les assurés en ALD pour les médicaments à service médical rendu faible. Ces médicaments sont remboursés à 15 %. Une personne en ALD qui s'en voyait prescrire les recevait jusqu'ici sans participation ; ce ne sera plus le cas.
Le même décret comporte un second volet, moins commenté : il limite le bénéfice de l'exonération aux titulaires d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle, à l'exclusion de leurs ayants droit.
Un second texte produit ses effets à la même date, sans lien avec le premier : le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 porte de 50 à 70 € les deux plafonds annuels évoqués plus haut. Pour une personne en ALD, qui consulte et se soigne plus que la moyenne et qui n'en est pas exonérée, ce sont jusqu'à 40 € de plus retenus sur les remboursements d'une année. Le détail de cette mesure.
Une mise en garde éditoriale
Un médicament classé à service médical rendu faible n'est pas un médicament « inutile » ni « mauvais ». Ce classement est un critère de remboursement, pas un jugement sur votre ordonnance. Nous ne vous dirons jamais d'arrêter ou de modifier un traitement : cette décision appartient à vous et au professionnel qui vous suit.
Une nouvelle plus rassurante
Quatre décrets du 21 août 2026, publiés au Journal officiel du 22, relèvent la participation des assurés sur les soins dentaires, les dispositifs médicaux, les médicaments et les transports sanitaires, pour l'essentiel à compter du 1er janvier 2027.
Deux précisions comptent pour vous. D'abord, les décrets sur le dentaire et les dispositifs médicaux préservent explicitement la prise en charge à 100 % des patients en ALD, ainsi que le panier 100 % Santé. Ensuite, ces textes ne fixent pas des taux : ils relèvent les fourchettes à l'intérieur desquelles l'Union nationale des caisses d'assurance maladie fixera ensuite la participation. Les baisses de remboursement annoncées dans la presse sont des effets attendus, pas des taux déjà en vigueur.
À lire ensuite
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Sources
- ameli — La prise en charge en ALD exonérante
- ameli — La participation forfaitaire de 2 €
- ameli — La franchise médicale
- Légifrance — Décret n° 2026-285 du 16 avril 2026
- Légifrance — Journal officiel du 22 août 2026
- Légifrance — Décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 (plafonds annuels portés à 70 €)
Le projet de décret portant les deux plafonds à 70 € chacun, que nous signalions ici comme non publié, l'est depuis le 12 septembre 2026 : c'est le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026. Cette page a été actualisée en conséquence le 18 septembre 2026, comme nous nous y étions engagés.