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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 18 septembre 2026
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Franchises médicales : jusqu'à 140 € de reste à charge dès le 1er octobre 2026

Un décret paru le 12 septembre relève les deux plafonds annuels qui limitent ce que l'Assurance maladie retient sur vos remboursements. Ils passent de 50 à 70 € chacun. Additionnés, ils portent le reste à charge maximal de 100 à 140 € par an — pour les seules personnes qui n'en sont pas exonérées.

Sources : Légifrance, Service-Public, ameli·Publié le 18 septembre 2026

À retenir

  • Plafond annuel des franchises médicales : 50 € → 70 €.
  • Plafond annuel de la participation forfaitaire : 50 € → 70 €.
  • Reste à charge maximal cumulé : 100 € → 140 € par an.
  • Date d'effet : 1er octobre 2026.
  • Les montants unitaires ne changent pas : 1 € par boîte de médicaments, 2 € par consultation, 4 € par transport.
  • Une complémentaire santé n'a pas le droit de vous les rembourser.

Source : décret no 2026-858 du 11 septembre 2026, publié au Journal officiel du 12 septembre 2026.

Ce qui change exactement

Deux prélèvements différents s'appliquent à vos soins, et chacun a son propre plafond annuel. Le décret ne touche qu'aux plafonds.

Sources : articles D. 160-6 et D. 160-10 du code de la sécurité sociale, modifiés par le décret no 2026-858 du 11 septembre 2026.
Plafond annuelJusqu'au 30 septembre 2026À partir du 1er octobre 2026
Franchises médicales50 €70 €
Participation forfaitaire50 €
soit 25 participations
70 €
soit 35 participations
Total maximal100 €140 €

Une précision que les textes rendent visible et que les résumés effacent : le plafond de la participation forfaitaire n'est pas écrit en euros. L'article D. 160-6 fixe « le nombre maximum de participations forfaitaires supportées […] au cours d'une année civile », et c'est ce nombre qui passe de 25 à 35. Comme chaque participation vaut 2 €, le plafond atteint 70 €. Celui des franchises, lui, est bien libellé en euros à l'article D. 160-10.

Ce qui ne change pas : les montants prélevés

C'est le contresens à éviter, et le décret prend soin de l'écarter lui-même : « Le montant des participations forfaitaires et des franchises applicables notamment aux consultations, aux boîtes de médicament ou aux transports sanitaires reste inchangé. »

Aucune boîte de médicaments ne coûtera un centime de plus. Ce qui change, c'est la durée pendant laquelle ces prélèvements continuent de courir dans l'année : ils s'arrêtent aujourd'hui une fois les 50 € atteints ; à partir du 1er octobre, ils se poursuivront jusqu'à 70 €.

Montants en vigueur depuis le 31 mars 2024, inchangés par le décret. Sources : articles D. 160-9 et D. 160-11 du code de la sécurité sociale, ameli.
PrélèvementMontant unitaireLimite par jour
Boîte de médicaments1 € par unité de conditionnement
Acte d'auxiliaire médical1 € par acte4 €
Transport sanitaire4 € par trajet8 €
Consultation, acte médical, analyse2 € (participation forfaitaire)4 participations par professionnel

Qui est exonéré ?

Le décret ne se contente pas de relever les plafonds : son intitulé précise qu'il préserve les exemptions existantes. Sa notice chiffre à « près de 18 millions de Français » les personnes que ces prélèvements ne concernent pas.

Les catégories nommées par le décret

  • Les enfants et jeunes de moins de 18 ans.
  • Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
  • Les femmes enceintes, à partir du 1er jour du 6e mois de grossesse et jusqu'au 12e jour après l'accouchement.
  • Les mineures, pour la contraception et la contraception d'urgence sans consentement parental.
  • Les victimes d'un acte de terrorisme, pour les frais de santé en rapport avec cet événement.

Source : notice du décret no 2026-858 du 11 septembre 2026.

Deux autres situations figurent dans la documentation d'ameli sans être citées par la notice du décret : les bénéficiaires de l'aide médicale de l'État, et les titulaires d'une pension militaire d'invalidité pour les soins en rapport avec l'affection concernée. Nous les mentionnons en le disant, plutôt que de les fondre dans la liste précédente.

Une affection de longue durée n'exonère de rien

C'est la confusion la plus fréquente. L'ALD supprime le ticket modérateur sur les soins liés à l'affection ; elle ne supprime ni la participation forfaitaire, ni les franchises. Une personne en ALD atteindra donc les deux plafonds plus vite que les autres, puisqu'elle consulte et se soigne davantage. Ce que le 100 % ALD couvre réellement.

Pourquoi 140 € et non 70 €

Les deux plafonds sont indépendants. Atteindre les 70 € de franchises n'arrête pas la participation forfaitaire, et réciproquement. Le maximum théorique de 140 € ne concerne donc que les personnes qui saturent les deux compteurs dans la même année civile.

Dans les faits, cela suppose beaucoup de soins : 70 boîtes de médicaments ou actes paramédicaux d'un côté, 35 consultations ou analyses de l'autre. Les assurés qui s'en approchent sont ceux qui en ont le plus besoin — malades chroniques, personnes âgées polymédiquées, patients en sortie d'hospitalisation.

Le prélèvement n'est pas payé au guichet. Il est retenu sur vos remboursements suivants, ce qui le rend peu visible : la somme n'apparaît que sur les décomptes. Les franchises comme les participations sont comptabilisées à la date du remboursement, et non à celle du soin.

Votre mutuelle n'a pas le droit de les rembourser

Inutile de chercher une garantie qui les couvrirait : aucune ne le peut. Un contrat responsable — c'est-à-dire la quasi-totalité des complémentaires santé du marché — a l'interdiction légale de rembourser la participation forfaitaire et les franchises médicales. Service-Public l'indique pour chacune des deux.

La conséquence est directe : ces 40 € supplémentaires ne seront absorbés par aucun contrat, si élevées que soient ses garanties. Ils resteront à votre charge.

Ce qui se passera ensuite

Le décret installe un mécanisme durable. Les deux plafonds seront désormais revalorisés chaque 1er janvier, sur l'évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation hors tabac calculée par l'Insee.

Une date mérite d'être retenue, parce qu'elle n'est pas celle du relèvement : cette indexation automatique n'entre en vigueur qu'à compter du 1er janvier 2028. Le décret le précise article par article — le relèvement à 70 € s'applique au 1er octobre 2026, la revalorisation annuelle deux ans plus tard.

Le motif invoqué par le Gouvernement est le rattrapage de « l'inflation cumulée de 2005 à 2026 » — année où la participation forfaitaire a été créée.

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