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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 18 septembre 2026
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Médicaments : remboursements et changements à connaître

Deux échéances rapprochées modifient ce que vous paierez en pharmacie : le 1er octobre 2026 pour les personnes en affection longue durée, le 1er janvier 2027 pour l'ensemble des assurés. Voici ce qui est décidé, ce qui ne l'est pas encore, et ce que cela ne dit pas de votre ordonnance.

Sources : ameli, Journal officiel·Publié le 8 septembre 2026·Mis à jour le 18 septembre 2026

Une page de droits, pas de conseil médical

Nous expliquons ici des règles de remboursement. Un médicament dont le service médical rendu est classé faible n'est ni « inutile » ni « mauvais » : ce classement sert à fixer un taux de prise en charge, il ne juge pas votre traitement. Toute décision de modifier ou d'arrêter un médicament appartient à vous et au professionnel qui vous suit.

Comment un médicament est remboursé

Le taux dépend du service médical rendu, évalué par la Haute Autorité de santé pour chaque spécialité et dans chaque indication. Quatre niveaux existent, du plus important au plus faible, et à chacun correspond un taux.

Le médicament à service médical rendu faible est remboursé à 15 %. C'est le taux qui va concerner directement les personnes en ALD à partir du 1er octobre.

1er octobre 2026 : la fin d'une exonération pour les ALD

Le décret no 2026-285 du 16 avril 2026 supprime, à compter du 1er octobre 2026, l'exonération de participation dont bénéficiaient les assurés en affection longue durée pour les médicaments à service médical rendu faible.

Le point que beaucoup manquent

Le critère est le classement du médicament, pas son lien avec votre maladie. Un médicament à service médical rendu faible prescrit dans le cadre même de votre ALD perd lui aussi son remboursement à 100 % : il passe à 15 %. La liste des spécialités concernées est fixée par arrêté : demandez-la à votre pharmacien plutôt que de vous fier à un décompte de presse.

À l'inverse, les médicaments dont le service médical rendu est jugé important ou modéré conservent leur prise en charge à 100 % au titre de l'ALD. Les traitements de fond des maladies chroniques — insuline, antidiabétiques oraux, antihypertenseurs, anticancéreux — ne sont pas touchés.

Le même décret comporte un second volet, peu commenté : il réserve le bénéfice de l'exonération aux titulaires d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle, à l'exclusion de leurs ayants droit.

1er janvier 2027 : le décret sur les médicaments

Le décret no 2026-811 du 21 août 2026, publié au Journal officiel du 22 août, modifie la participation des assurés sur les médicaments. Son intitulé annonce son économie générale : il vise à « permettre le financement de l'accès aux médicaments les plus innovants en tirant les conséquences de l'évaluation du service médical rendu sur les médicaments parmi les moins efficaces ».

Attention : ces taux ne sont pas encore applicables

Ce décret ne fixe pas des taux. Il relève les fourchettes à l'intérieur desquelles l'Union nationale des caisses d'assurance maladie fixe ensuite la participation. Les baisses annoncées dans la presse sont des effets attendus, qui deviendront effectifs par une décision de l'UNCAM. Nous actualiserons cette page à sa publication plutôt que d'anticiper des chiffres.

Trois autres décrets du même jour concernent les soins dentaires, les dispositifs médicaux et les transports sanitaires. Le détail des quatre textes.

Depuis le 1er septembre 2026 : les biosimilaires

Le dispositif « tiers payant contre générique » est étendu aux médicaments biosimilaires — les équivalents des médicaments biologiques — et aux médicaments hybrides.

Si vous refusez la substitution proposée par votre pharmacien sans justification médicale, vous perdez le tiers payant : vous avancez la totalité du prix, et vous n'êtes remboursé que sur la base du prix du biosimilaire ou de l'hybride le plus cher du groupe. L'exemple donné par l'Assurance maladie : un médicament d'origine à 20 €, un hybride à 18 € — vous payez 20 € et n'êtes remboursé que sur 18 €.

Le tiers payant est maintenu dans deux cas : si votre médecin a porté une mention « non substituable » justifiée sur l'ordonnance, ou si le produit de substitution est plus cher que l'original. Sont surtout concernées les personnes sous traitement biologique au long cours : diabète, polyarthrite, maladies inflammatoires, ostéoporose.

Les franchises, qui s'ajoutent à tout le reste

Indépendamment du taux, une franchise médicale de 1 € par boîte de médicaments est déduite de vos remboursements, dans la limite d'un plafond annuel. S'y ajoute la participation forfaitaire de 2 € sur les consultations, qui a son propre plafond. Chacun est fixé à 50 € par personne et par année civile jusqu'au 30 septembre 2026, puis à 70 € à partir du 1er octobre 2026 : au total, 100 € par an aujourd'hui, 140 € ensuite. Être en ALD n'en exonère pas.

Les exonérations existent, mais elles tiennent à d'autres situations : bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ou de l'AME, moins de 18 ans, grossesse à partir du sixième mois, titulaires d'une pension militaire d'invalidité, victimes d'un acte de terrorisme.

Le décret annoncé est paru

Le relèvement des deux plafonds à 70 € chacun, que nous signalions ici comme non publié, l'est depuis le 12 septembre 2026 : décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026, applicable au 1er octobre. Les montants prélevés à l'unité — dont le 1 € par boîte — restent inchangés ; le décret le dit explicitement. Ce que la mesure change exactement.

Trois réflexes utiles

  • Regardez votre décompte, pas seulement ce que vous payez au comptoir. Le taux appliqué y figure, ligne par ligne.
  • Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien si le reste à charge devient lourd. Une alternative mieux remboursée existe parfois — c'est à eux d'en juger, pas à vous seul.
  • Vérifiez ce que couvre votre complémentaire sur ce poste : c'est elle qui absorbe la différence. Ce qu'il faut regarder quand on est en ALD.

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