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Vos droitsALD à 100 % : faut-il encore une mutuelle ?
La question se pose sincèrement : si tout est pris en charge à 100 %, à quoi bon continuer à cotiser ? La réponse tient dans ce que recouvre exactement ce « 100 % » — et dans ce qu'il laisse entièrement de côté.
D'où vient le malentendu
L'expression officielle est « pris en charge à 100 % de la base de remboursement », pour les soins en rapport avec l'affection, selon le protocole établi avec votre médecin traitant. Chacun de ces trois éléments restreint la portée du chiffre :
- le taux porte sur un tarif de référence, pas sur ce que vous payez ;
- il ne concerne que les soins liés à l'ALD ;
- le reste de votre santé continue d'être remboursé aux taux ordinaires.
Une personne en ALD pour un diabète est couverte à 100 % sur son suivi diabétologique. Sur sa cataracte, sa prothèse dentaire ou sa hanche, elle est remboursée aux taux habituels. Le détail de ce que couvre une ALD.
Quatre postes où la complémentaire reste décisive
| Poste | Pourquoi il reste à charge |
|---|---|
| Dépassements d'honoraires | Situés au-dessus de la base de remboursement, y compris pour les soins liés à l'ALD |
| Forfait hospitalier | 23 € par jour, jamais remboursé par l'Assurance Maladie |
| Soins sans rapport avec l'ALD | Dentaire, optique, audition, tout le reste : taux habituels |
| Participation forfaitaire et franchises | L'ALD n'en exonère pas : jusqu'à 100 € par an |
Le poste que l'on découvre au pire moment
Une affection longue durée s'accompagne souvent d'hospitalisations, parfois longues. Le forfait hospitalier n'étant jamais pris en charge par l'Assurance Maladie, trois semaines de séjour représentent 483 €. Un contrat responsable le couvre intégralement et sans limitation de durée. Sans complémentaire, cette somme est entièrement pour vous — et elle se répète à chaque séjour.
S'y ajoutent les dépassements du chirurgien et de l'anesthésiste, qui ne disparaissent pas parce que l'intervention relève de votre ALD.
Ce qui change au 1er octobre 2026
Le décret no 2026-285 du 16 avril 2026 supprime, à cette date, l'exonération dont bénéficiaient les personnes en ALD pour les médicaments à service médical rendu faible. Ces médicaments passent au taux de leur catégorie, soit 15 %. La liste est fixée par arrêté, et elle s'applique y compris lorsque le médicament est prescrit dans le cadre même de l'ALD : le critère est le classement du médicament, pas son lien avec votre maladie.
C'est précisément le genre de dépense qu'une complémentaire absorbe. Sur un traitement au long cours, l'écart annuel n'est pas anecdotique.
Ce que nous ne dirons pas
Qu'un médicament classé à service médical rendu faible serait inutile ou mauvais. Ce classement est un critère de remboursement, pas un jugement sur votre ordonnance. Toute décision de modifier ou d'arrêter un traitement appartient à vous et au professionnel qui vous suit.
Une nouvelle rassurante sur les décrets de 2027
Les quatre décrets du 21 août 2026, qui relèvent la participation des assurés sur le dentaire, les dispositifs médicaux, les médicaments et les transports sanitaires, préservent explicitement la prise en charge à 100 % des patients en ALD, ainsi que le panier 100 % Santé et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Le détail des quatre textes.
Que regarder dans un contrat quand on est en ALD
Les priorités changent
- Hospitalisation — forfait journalier sans limitation de durée, dépassements du chirurgien et de l'anesthésiste, chambre particulière si les séjours sont fréquents.
- Dépassements d'honoraires — le suivi spécialisé au long cours en fait le poste courant le plus lourd. Vérifiez la colonne hors Optam.
- Soins courants sans rapport avec l'ALD — ils représentent parfois la majorité de vos dépenses réelles.
- Dentaire, optique, audition — jamais couverts par l'exonération, et ce sont les postes les plus coûteux après 60 ans.
- Médicaments et dispositifs dont la prise en charge évolue.
En revanche, une garantie très élevée sur les soins courants liés à votre ALD n'apporte rien : ils sont déjà pris en charge à 100 % de la base. Payer pour cette ligne serait payer deux fois. C'est le principal arbitrage à faire.
Et si vos ressources sont modestes
Être en ALD n'ouvre pas droit à la complémentaire santé solidaire, mais l'un n'exclut pas l'autre. Si vos ressources annuelles ne dépassent pas 14 069 € pour une personne seule, vérifiez votre éligibilité avant de souscrire un contrat payant.