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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 8 septembre 2026
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Assurance-vie après 50 ans : comment fonctionne la fiscalité des retraits ?

Un rachat d'assurance-vie ne rend pas imposable tout ce que vous retirez : seule la part de gains comprise dans le retrait est fiscalisée. C'est la première chose à comprendre, et elle est rassurante. Ensuite viennent deux dates : l'ancienneté du contrat, et la date des versements.

Sources : BOFiP, Service-Public, AMF·Publié le 7 septembre 2026

À retenir

  • Seule la part de gains contenue dans le rachat est imposée.
  • Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple imposé en commun) s'applique aux gains.
  • En 2026, l'assurance-vie conserve des prélèvements sociaux de 17,2 %, alors que la plupart des placements sont passés à 18,6 %.

1. Après huit ans, l'abattement porte sur les gains

L'abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € ne s'applique pas au montant retiré, mais à la part de gains imposables qu'il contient. Sur un rachat de 20 000 € dont 3 000 € de gains, si vous n'avez pas déjà utilisé votre abattement annuel avec d'autres rachats, les 3 000 € de gains sont entièrement absorbés par l'abattement : aucun impôt sur le revenu n'est alors dû.

Il est accordé une fois par année civile au foyer fiscal, et il ne se reporte pas : la fraction non utilisée une année est perdue. Étaler ses rachats sur plusieurs années civiles a donc un effet réel sur l'impôt dû.

L'abattement ne réduit pas les prélèvements sociaux

L'abattement ne réduit pas les prélèvements sociaux. Ceux-ci restent dus sur les gains concernés, mais ils peuvent avoir été prélevés au fil de l'eau ou lors du rachat selon la nature du support et la situation du contrat. Un rachat « non imposable » n'est donc pas un rachat exonéré.

2. Le seuil de 150 000 €

Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, le taux d'impôt sur le revenu après huit ans est de 7,5 % sur la fraction de gains correspondant aux primes n'excédant pas 150 000 €, et de 12,8 % au-delà.

Ce seuil est souvent mal décrit. Il s'apprécie :

  • sur les primes versées, nettes des remboursements en capital — jamais sur l'encours ni sur la valeur du contrat ;
  • tous contrats confondus, y compris souscrits hors de France ;
  • par personne, et non par foyer fiscal ;
  • au 31 décembre de l'année précédant le rachat.

Dépasser 150 000 € ne fait pas tout basculer

Le dépassement ne fait pas passer la totalité des gains à 12,8 % — une simplification que l'on rencontre jusque sur une page ministérielle. Seule la fraction de gains correspondant à l'excédent y est soumise ; le reste demeure à 7,5 %. La répartition définitive entre les fractions imposées à 7,5 % et à 12,8 % dépend de l'ensemble de vos contrats et est régularisée lors de l'imposition de vos revenus.

Lors du rachat d'un contrat d'au moins huit ans, les produits liés aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017 supportent en principe un prélèvement forfaitaire non libératoire de 7,5 %. Il s'agit d'un acompte : l'imposition définitive est régularisée lors de la déclaration de revenus et peut conduire à appliquer 7,5 % ou 12,8 % selon le montant des primes concernées. Vous pouvez en demander la dispense si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple).

3. Les primes versées avant le 27 septembre 2017

Elles conservent leur régime propre. Sur option, le prélèvement forfaitaire libératoire s'applique, à un taux qui décroît avec l'ancienneté du contrat : 35 % avant quatre ans, 15 % entre quatre et huit ans, 7,5 % à partir de huit ans. À défaut d'option, c'est le barème progressif qui s'applique.

Un contrat ancien peut donc contenir deux couches de primes obéissant à deux régimes différents. Demandez à votre assureur la ventilation avant tout rachat important.

4. L'exception de 2026 sur les prélèvements sociaux

Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus de placement sont passés à 18,6 %. Les contrats d'assurance-vie et de capitalisation comportant une valeur de rachat ou la garantie d'un capital au terme restent à 17,2 %.

Cette exception ne dépend ni de la date de souscription, ni de la date des versements, ni du support. Elle tient à la nature du contrat. Deux catégories en sont toutefois exclues et basculent à 18,6 % : les contrats de rente-survie et d'épargne handicap.

5. Fonds en euros, unités de compte et frais

Le fonds en euros offre une garantie du capital selon les conditions du contrat — parfois hors frais de gestion, ce qui n'est pas la même chose. Les unités de compte n'offrent aucune garantie : leur valeur peut baisser.

Les frais, eux, se cumulent : frais sur versement, frais de gestion du contrat, frais d'arbitrage, frais propres aux supports. Une comparaison honnête regarde le coût total, jamais le seul rendement affiché d'un fonds l'année précédente.

6. Quatre situations exonèrent d'impôt sur le revenu

Les gains d'un rachat sont exonérés d'impôt sur le revenu lorsque le rachat fait suite à :

  • un licenciement, avec inscription comme demandeur d'emploi ;
  • une mise à la retraite anticipée ;
  • une invalidité de 2e ou 3e catégorie ;
  • une liquidation judiciaire, pour les travailleurs indépendants.

L'événement peut frapper le titulaire, son conjoint ou son partenaire de Pacs. Deux précisions comptent : le rachat doit intervenir avant la fin de l'année qui suit l'événement, et la rupture conventionnelle est expressément exclue du cas « licenciement ». Enfin, l'exonération ne vise que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent dus.

Questions fréquentes

Un rachat est-il imposé sur la totalité du montant retiré ?

Non. Seule la part de gains comprise dans le rachat est imposable : elle se calcule au prorata des primes versées et de la valeur du contrat au jour du retrait.

Faut-il attendre huit ans pour retirer ?

Rien ne l'impose. Avant huit ans, les gains relèvent en principe du taux de 12,8 % pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans s'ouvre l'abattement annuel, ce qui change souvent l'arithmétique.

Mon contrat de plus de huit ans est-il totalement défiscalisé ?

Non. L'abattement peut annuler l'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains, qu'ils aient été prélevés au fil de l'eau ou lors du rachat.