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ActualitéLocation : ce qui change dans les baux au 1er octobre 2026
De nouveaux modèles réglementaires de contrat de location entrent en vigueur. Ils concernent les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026 — et eux seuls. Si vous louez votre logement ou si vous en êtes propriétaire bailleur, voici ce qui figure dans ces nouveaux modèles, ce qui existait déjà, et pourquoi un bail en cours n'a pas à être refait.
À retenir
- Décret no 2026-596 du 6 juillet 2026, qui refond les contrats types annexés au décret no 2015-587.
- Applicable aux baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026.
- Trois modèles concernés : location vide, location meublée, colocation à bail unique.
- Hors champ : bail mobilité et locations saisonnières (meublés de tourisme, chambres d'hôtes).
- La clause résolutoire devient une mention des modèles — mais l'obligation existe depuis le 29 juillet 2023.
Votre bail est déjà en cours : devez-vous en signer un nouveau ?
Non. Les nouveaux modèles s'appliquent aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. Un bail signé avant cette date continue de produire ses effets tel qu'il a été signé, jusqu'à son terme.
Ni le locataire ni le propriétaire n'ont de démarche à accomplir le 1er octobre. Vous retrouverez ces modèles le jour où vous signerez un nouveau bail, ou lors du renouvellement du vôtre — pas avant. Méfiez-vous des messages qui vous inviteraient à « régulariser votre contrat » avant cette date.
① Quels contrats sont concernés
Les contrats types sont les modèles officiels que tout bail d'habitation à usage de résidence principale doit respecter. Le décret du 6 juillet 2026 en publie de nouvelles versions pour :
- les locations vides ;
- les locations meublées ;
- les colocations à bail unique — un seul contrat signé par l'ensemble des colocataires.
Deux catégories restent en dehors : le bail mobilité, qui obéit à son propre régime, et les locations saisonnières — meublés de tourisme, chambres d'hôtes —, qui ne relèvent pas du bail d'habitation à usage de résidence principale.
② Ce que contiennent les nouveaux modèles
Une clause résolutoire, et un délai de six semaines
Les modèles intègrent désormais la clause résolutoire : la clause qui prévoit la résiliation de plein droit du bail en cas de non-paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie.
Cette clause ne se déclenche pas d'elle-même. La loi encadre strictement son effet : elle « ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ». Autrement dit, il faut d'abord un commandement de payer délivré par commissaire de justice, puis six semaines sans règlement.
L'obligation de résidence principale, quand elle existe
Lorsqu'une obligation d'occuper le logement à titre de résidence principale s'applique — elle peut résulter du règlement de copropriété, d'un dispositif fiscal ou d'une servitude —, cette information doit désormais figurer dans le contrat. Le locataire sait ainsi, à la signature, ce que le logement l'engage à faire.
Le téléphone portable, facultatif
Le numéro de téléphone portable du bailleur et celui du locataire peuvent maintenant être indiqués dans le modèle. La mention reste facultative : personne ne peut exiger qu'elle soit remplie, d'un côté comme de l'autre.
③ Ce qui n'est pas nouveau — et qu'on va pourtant vous présenter comme tel
C'est le point que les résumés de cette réforme escamotent. L'obligation de faire figurer une clause résolutoire dans un bail d'habitation ne date pas du 1er octobre 2026. Elle figure à l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de la loi no 2023-668 du 27 juillet 2023, en vigueur depuis le 29 juillet 2023 :
« Tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. »
Le décret de juillet 2026 ne crée donc pas cette obligation : il met les modèles réglementaires en conformité avec une loi vieille de trois ans. La nuance a son importance si l'on vous présente le 1er octobre comme un durcissement : ce n'en est pas un.
Ce que doit contenir un commandement de payer
Puisque tout se joue sur ce document, autant savoir ce que la loi exige. À peine de nullité, le commandement de payer doit mentionner :
- que le locataire dispose d'un délai de six semaines pour payer sa dette ;
- le montant mensuel du loyer et des charges ;
- le décompte de la dette ;
- l'avertissement qu'à défaut de paiement ou de demande de délais, le locataire s'expose à une procédure judiciaire de résiliation et d'expulsion ;
- la possibilité de saisir le fonds de solidarité pour le logement du département, dont l'adresse doit être précisée ;
- la possibilité de saisir à tout moment le juge pour demander un délai de grâce.
Un commandement de payer auquel il manque l'une de ces mentions est nul. Et devant le juge, un locataire en mesure de régler sa dette et ayant repris le paiement du loyer courant peut obtenir des délais de paiement pouvant aller jusqu'à trois ans.
Ce que cela change de chaque côté
Si vous louez votre logement, rien à faire aujourd'hui. Au moment de signer un nouveau bail, vérifiez que le modèle utilisé est bien la version en vigueur, et lisez la mention relative à la résidence principale : elle peut vous interdire, par exemple, de sous-louer en meublé de tourisme.
Si vous êtes propriétaire bailleur — situation fréquente après 50 ans, qu'il s'agisse d'un complément de revenu ou d'un bien reçu en héritage —, veillez à utiliser le nouveau modèle pour toute signature ou tout renouvellement à compter du 1er octobre. Les modèles antérieurs restent valables pour les contrats déjà conclus.
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Sources
- Légifrance — Décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 modifiant le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location de logement à usage de résidence principale
- Légifrance — Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 24 (version en vigueur depuis le 29 juillet 2023)
- Légifrance — Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite
- Service-Public — De nouveaux modèles de bail entrent en vigueur à partir du 1er octobre 2026
Le texte de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 et la référence du décret du 6 juillet 2026 ont été lus directement sur Légifrance le 27 septembre 2026. Nous ne reproduisons pas les modèles de contrat eux-mêmes : ils sont annexés au décret et leur version officielle fait foi. Cet article décrit une règle générale et ne remplace pas l'examen d'un contrat particulier.