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PréventionSanté bucco-dentaire après 50 ans : les bons réflexes
Après 50 ans, ce ne sont plus les caries qui font perdre des dents : ce sont les gencives. Et une dent perdue n'est pas seulement une affaire d'esthétique — elle change ce qu'on mange, donc ce qu'on absorbe. Le lien entre bouche et alimentation est direct, et documenté.
Une fois par an, deux pour certains
La règle de base est simple : « Rendez-vous au moins une fois par an chez votre chirurgien-dentiste. » Et ameli ajoute : « Selon vos facteurs de risque personnels, votre chirurgien-dentiste peut vous conseiller de le consulter plus souvent. »
Deux fois par an dans trois situations
Ameli porte la fréquence conseillée à deux examens par an pour certains profils, dont trois concernent directement notre lectorat :
- les personnes diabétiques ;
- les personnes souffrant de sécheresse buccale ;
- les femmes ménopausées.
Ce dernier point mérite d'être abordé en consultation. Si vous êtes concernée, la question mérite d'être posée à votre dentiste.
La maladie des gencives, silencieuse et fréquente
C'est « une infection bactérienne responsable d'une inflammation des tissus de soutien de la dent ». Elle progresse en deux temps : la gingivite, réversible, puis la parodontite, qui détruit l'os autour de la dent.
Sa fréquence culmine précisément à l'âge de nos lecteurs. Ameli l'écrit ainsi : « La fréquence de la maladie parodontale grave commence à la fin de l'adolescence, culmine vers l'âge de 55 ans et reste élevée jusqu'à un âge avancé. »
Les signes qui doivent conduire à consulter
- « Un saignement des gencives, même léger, se produisant à l'occasion du brossage » — c'est le premier signe, et il est souvent banalisé.
- « Un changement de couleur : les gencives peuvent apparaître rouges. »
- « Une sensibilité des gencives au toucher. »
- « Une mauvaise haleine persistante. »
- Au stade de la parodontite : « les dents se déchaussent » et « deviennent mobiles ».
Une gencive saine ne saigne pas. Un saignement au brossage n'est pas le signe qu'on brosse trop fort : c'est en général l'inverse.
Deux facteurs de risque sont documentés par ameli : « Le diabète est un facteur de risque reconnu des parodontopathies », et « le tabac augmente fortement le risque de développer ou d'aggraver une maladie des gencives », en supprimant la réponse immunitaire aux infections. Le tabac masque en outre le saignement, ce qui retarde le diagnostic.
La sécheresse buccale, sous-estimée
La xérostomie est « liée à une diminution de la quantité de salive produite par les glandes salivaires et/ou à un changement de composition de la salive ». Elle progresse avec l'âge : « Avec l'âge, les glandes salivaires fabriquent moins de salive et la sensation de bouche sèche est permanente. »
Ses conséquences ne sont pas seulement inconfortables : « Le manque de salive favorise les caries, les gingivites et les candidoses buccales. » La salive protège ; son absence expose.
Si vous prenez plusieurs médicaments
De nombreuses classes médicamenteuses peuvent réduire la salivation : antihistaminiques, anxiolytiques, antidépresseurs, diurétiques, antihypertenseurs, antiparkinsoniens, entre autres. Après 60 ans, la polymédication rend le phénomène fréquent.
La marche à suivre est celle d'ameli, et elle compte dans cet ordre : « lisez la notice des médicaments que vous prenez » ; si l'un d'eux semble impliqué, « consultez votre médecin traitant ». N'arrêtez ni ne modifiez jamais un traitement de vous-même sur ce motif : c'est à votre médecin d'apprécier l'équilibre entre le bénéfice du médicament et cet effet indésirable.
D'autres causes existent : déshydratation, tabac, alcool, ronflement, diabète, maladie rénale, syndrome de Gougerot-Sjögren, radiothérapie de la tête et du cou, stress.
Le lien avec la dénutrition
C'est la raison la plus solide de ne pas repousser un rendez-vous dentaire. Ameli cite parmi les causes de baisse d'alimentation : « des douleurs de la bouche ayant pour origine une gingivite, une mycose de la bouche, un manque de dents, un appareil dentaire inadapté, une sécheresse de la bouche ; ou des difficultés à avaler ».
L'enchaînement est mécanique : mastication difficile, aliments écartés — viande, fruits crus, légumes fermes —, alimentation moins variée, apports protéiques insuffisants, fonte musculaire. Une prothèse mal ajustée peut ainsi conduire à une dénutrition sans qu'aucun symptôme dentaire ne soit jamais signalé.
Ameli le résume : « Une mauvaise santé bucco-dentaire peut avoir des conséquences graves surtout chez les personnes âgées. »
Au quotidien
- « Brossez-vous les dents au moins 2 fois par jour », « pendant deux minutes ».
- Nettoyez les espaces entre les dents : c'est là que la maladie parodontale commence.
- Nettoyez quotidiennement les prothèses amovibles, et faites-les contrôler : une prothèse qui blesse ou qui bouge doit être reprise, pas supportée.
- « Ne tentez pas de retirer le tartre vous-même. »
Ce que coûtent les soins
Le panier 100 % Santé dentaire permet des couronnes, bridges et prothèses amovibles intégralement remboursés, selon la dent et le matériau — la céramique sur les incisives, canines et premières prémolaires, la zircone et la couronne métallique sur toutes les dents. Les implants, eux, n'en font pas partie. Ce qu'il faut vérifier dans un contrat.
À noter : le décret no 2026-809 du 21 août 2026 relève, à compter du 1er janvier 2027, la fourchette de participation de l'assuré sur les soins dentaires — de 35–45 % à 50–60 %. Ce sont des bornes : le taux réellement appliqué à l'intérieur de cet intervalle reste à fixer. Le panier 100 % Santé, lui, est protégé par un autre mécanisme, celui des honoraires limites de facturation. Le détail.
Sources
- ameli — La maladie des gencives : définition et symptômes
- ameli — Prévenir la maladie des gencives
- ameli — La sécheresse buccale
- ameli — Comprendre la dénutrition
On lit fréquemment des pourcentages du type « X % des plus de 50 ans souffrent de maladie parodontale ». Nous n'avons trouvé aucune source officielle française récente les étayant : nous nous en tenons donc à la formulation d'ameli.