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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 10 septembre 2026
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Accueil Retraite Calcul des trimestres

Chapitre 5

Vos trimestres se comptent en euros, pas en mois

C'est un contresens tenace : on croit qu'un trimestre s'acquiert en travaillant trois mois. Il s'acquiert en gagnant une certaine somme — 1 803 € en 2026. Deux mois d'été au Smic en valident deux. Une année entière à quart-temps au Smic n'en valide que trois.

Sources : circulaire Cnav 2025-33, L'Assurance retraite·Mis à jour le 10 septembre 2026
Montants applicables depuis le 1er janvier 2026

Le seuil suit le Smic, revalorisé de 1,18 % au 1er janvier 2026. Les montants indiqués ici valent pour les salaires versés en 2026. Chaque année de votre carrière relève du seuil qui était en vigueur cette année-là.

Le principe, en une phrase

Un trimestre est validé dès lors que votre salaire soumis à cotisations atteint 150 fois le Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année considérée. En 2026, le Smic horaire est de 12,02 € : il faut donc 1 803 € pour un trimestre.

Attention si vous lisez d'anciens bulletins. Depuis 2014, le seuil correspond à 150 heures de Smic, en vertu du décret n° 2014-349 du 19 mars 2014. De 1972 à 2013, il correspondait à 200 heures de Smic. Pour les périodes antérieures, d'autres règles historiques s'appliquent. C'est l'une des raisons pour lesquelles certaines années anciennes affichent moins de quatre trimestres.

L'Assurance retraite l'écrit sans détour : « la validation de vos trimestres d'activité dépend des sommes sur lesquelles vous avez cotisé et non de votre durée de travail ». En règle générale, la validation des trimestres d'activité dépend donc des revenus soumis à cotisations, et non du nombre de mois travaillés.

L'année de votre départ fait exception

Attention : l'année de votre départ en retraite constitue une exception. Le nombre de trimestres retenus est alors limité au nombre de trimestres civils écoulés avant le point de départ de la pension.

Exemple. Départ au 1er septembre : le relevé est arrêté au 30 juin. Même si les revenus de l'année permettraient normalement de valider quatre trimestres, seuls deux trimestres peuvent être retenus pour cette dernière année.

C'est un point à intégrer très en amont : choisir un point de départ en début d'année plutôt qu'en fin d'année peut coûter des trimestres.

Le barème 2026

Salaire brut soumis à cotisations dans l'annéeTrimestres validés
1 803 €1
3 606 €2
5 409 €3
7 212 €4 — le maximum

Source : circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025, incidences de la revalorisation du Smic au 1er janvier 2026.

Une limite mensuelle que le barème annuel ne montre pas

En 2026, les cotisations vieillesse sont calculées chaque mois dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 €. Cela signifie que le salaire d'un seul mois ne peut permettre de valider plus de deux trimestres.

Le barème annuel dit ce qu'il faut atteindre ; cette limite dit à quelle vitesse on peut l'atteindre. Une prime exceptionnelle versée en une fois ne rattrape donc pas une année creuse.

Un repère utile : 7 212 € représentent moins de quatre mois de Smic à temps plein — le Smic brut mensuel est de 1 823,03 € en 2026. Une année complète au Smic valide donc les quatre trimestres largement.

Trois situations où la règle surprend

Le job d'été qui vaut deux trimestres

Un étudiant employé à temps plein pendant les mois de juillet et août 2026, au Smic, perçoit environ 3 646 € bruts. Il valide deux trimestres — alors qu'il n'a travaillé que huit semaines. S'il enchaîne un troisième mois, il en valide un de plus.

Le temps partiel qui ne pénalise pas — jusqu'à un certain point

Travailler à mi-temps toute l'année au Smic représente environ 10 938 € bruts : au-delà de 7 212 €, les quatre trimestres sont validés. Le temps partiel n'ampute donc pas la durée d'assurance tant que le salaire annuel dépasse ce seuil.

En revanche, un quart-temps au Smic — environ 5 469 € — ne valide que trois trimestres. C'est là que le temps partiel coûte cher : non pas en heures, mais en trimestres perdus, année après année.

Plusieurs employeurs, un seul compte

Des rémunérations provenant de plusieurs emplois peuvent se cumuler pour valider des trimestres. Il faut toutefois tenir compte des rémunérations effectivement soumises à cotisations et des plafonds applicables mois par mois. Par exemple, trois emplois successifs rémunérés 2 500 € chacun à différentes périodes de l'année peuvent permettre d'atteindre le seuil de quatre trimestres.

Quatre par an, jamais cinq

C'est la limite que personne ne peut contourner : une année civile ne peut jamais donner plus de quatre trimestres, quel que soit le salaire. Gagner 100 000 € en 2026 valide quatre trimestres, comme 7 212 €.

Cette règle a deux conséquences que l'on découvre souvent trop tard :

  • Une année creuse ne se rattrape pas. Si 2019 ne vous a donné que deux trimestres, aucune année suivante, si bonne soit-elle, ne les remplacera. Le manque reste inscrit.
  • Le surplus n'est pas perdu pour autant. Une fois quatre trimestres validés, un salaire plus élevé ne procure pas de trimestre supplémentaire. Il peut toutefois améliorer le revenu annuel moyen si l'année concernée entre parmi celles retenues pour le calcul, et dans les limites applicables. L'année du point de départ de la retraite n'entre pas dans le revenu annuel moyen.

Les périodes sans salaire

Certaines interruptions donnent des trimestres sans qu'aucune somme ne figure au relevé : ce sont les périodes assimilées. Les règles diffèrent d'une situation à l'autre, et ces périodes figurent parfois mal, ou pas du tout, sur le relevé.

SituationRèglePlafond
Chômage indemnisé1 trimestre par 50 jours indemnisés4 par an
Chômage non indemnisé — première période de la carrièreValidée même sans allocation, une seule fois dans la vie4 trimestres, ou 6 pour les périodes postérieures au 1er janvier 2011
Chômage non indemnisé — après une fin d'indemnisationValidé dans la limite d'un anPorté à 5 ans si vous aviez au moins 55 ans à la fin de l'indemnisation et 20 ans de cotisation
Maladie, accident du travail1 trimestre par 60 jours d'indemnisation4 par an
Invalidité1 trimestre par trimestre civil comportant 3 mensualités de pension4 par an
Service national1 trimestre par 90 jours d'incorporation4 par an
RSAAucun trimestre. Le RSA ne crée aucun droit à la retraite.

Source : L'Assurance retraite, « Mes interruptions de carrière » et fiche pédagogique « Demandeur d'emploi : quels sont mes droits ? ».

La règle des 5 ans après 55 ans est peu connue et pourtant très favorable : une fin de carrière au chômage non indemnisé, après une longue carrière, peut donner jusqu'à vingt trimestres.

Cotisés, assimilés, majorations : la distinction qui décide de tout

Tous les trimestres ne se valent pas. Le relevé de carrière en distingue trois familles, et cette distinction commande l'accès au départ anticipé.

  • Les trimestres cotisés correspondent aux périodes ayant donné lieu à des cotisations. Pour la carrière longue, la durée d'assurance cotisée peut également comprendre certaines périodes réputées cotisées, dans les limites prévues par les textes : service national, chômage indemnisé, maladie ou accident du travail, maternité, invalidité, assurance vieillesse des parents au foyer ou des aidants, compte professionnel de prévention, et autres périodes prévues par la réglementation.
  • Les périodes assimilées — chômage, maladie, invalidité, service national. Elles comptent pour la durée d'assurance, donc pour le taux plein, mais pas toutes pour la carrière longue.
  • Les majorations — notamment les trimestres pour enfants. Elles s'ajoutent à la durée d'assurance. Depuis le 1er septembre 2026, jusqu'à deux trimestres liés à la naissance, à l'adoption ou à l'éducation d'un enfant peuvent en outre être pris en compte comme réputés cotisés pour l'accès à la carrière longue, dans les conditions prévues par les textes.

Concrètement : deux personnes totalisant le même nombre de trimestres peuvent avoir des droits différents à la carrière longue. Il faut examiner lesquels sont cotisés ou réputés cotisés, dans quelles limites, et vérifier également la condition de début d'activité. Le nombre total de trimestres affiché sur le relevé ne suffit donc pas à conclure. Notre chapitre sur la carrière longue détaille lesquelles de ces périodes sont retenues, et dans quelle limite.

Les trois années à vérifier en priorité

Sur votre relevé de carrière, téléchargeable sur info-retraite.fr, trois types d'années méritent un examen :

  • Les années à moins de quatre trimestres. Elles sautent aux yeux et sont souvent justifiées — mais parfois non : un employeur qui n'a pas déclaré, une période de chômage non reportée.
  • Les années de début de carrière. Apprentissage, stages, TUC, emplois d'été : ces périodes peuvent manquer au relevé, et ce sont précisément celles qui décident d'un départ anticipé.
  • Les années à cheval sur deux emplois. Un changement d'employeur en cours d'année peut donner lieu à un report incomplet.

Le service officiel « Corriger ma carrière » permet de demander une rectification en ligne dès 55 ans, justificatifs à l'appui. Notre guide en 11 points détaille la marche à suivre pour chaque type d'anomalie.

Ce que nous n'avons pas pu établir. Un point ne figure pas dans les sources officielles que nous avons consultées, et nous préférons le dire plutôt que d'avancer un chiffre : les seuils 2026 applicables aux micro-entrepreneurs, qui dépendent du chiffre d'affaires et varient selon l'activité. Pour cette situation, interrogez directement votre caisse — et notre page Retraite des indépendants explique comment se répartissent les cotisations réellement payées entre retraite de base et complémentaire.

Suite du guide

Chapitre précédent : Carrière longue — partir avant l'âge légal
Les quatre bornes de début d'activité, la condition des 5 trimestres et ce qui fait échouer un dossier.

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