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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 10 septembre 2026
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Chômage après 55 ans : les règles en 2026

Un seuil d'âge a bougé récemment, et beaucoup d'informations en ligne datent d'avant ce changement. Voici ce qui s'applique aujourd'hui : la durée de travail exigée, la période prise en compte, la durée d'indemnisation par tranche d'âge, le cas particulier de la rupture conventionnelle, et ce qui se passe à l'approche de la retraite.

Sources : France Travail, Unédic, Assurance retraite·Publié le 5 septembre 2026·Mis à jour le 10 septembre 2026

À retenir

  • L'âge est apprécié à la date de fin du contrat de travail, jamais à celle de l'inscription.
  • À partir de 55 ans, France Travail recherche vos périodes travaillées sur 36 mois au lieu de 24.
  • Durée maximale : 685 jours à 55-56 ans, 822 jours à 57 ans et plus, hors compléments.
  • La dégressivité de l'ARE ne s'applique pas aux 55 ans et plus.
  • La rupture conventionnelle individuelle relève depuis le 1er septembre 2026 d'un plafond propre : 624 jours.

Le chiffre qui a changé, et qu'on lit encore partout

Jusqu'au 31 mars 2025, les règles dites « seniors » commençaient à 53 ans. Depuis le 1er avril 2025, l'entrée dans ces filières est décalée de deux ans : elle débute désormais à 55 ans. De nombreuses pages, y compris institutionnelles, affichent encore l'ancien seuil. Si vous lisez « 53 ans » quelque part, vérifiez la date de la page.

1. Pourquoi 55 ans change les règles

Pour ouvrir ou recharger des droits, France Travail examine les périodes que vous avez travaillées sur une fenêtre appelée période de référence d'affiliation.

L'âge est apprécié à la date de fin du contrat de travail. Pour une personne âgée de 55 ans ou plus à cette date, France Travail recherche les périodes d'emploi dans les 36 mois précédents, contre 24 mois avant 55 ans.

L'intérêt est direct : une carrière de fin de parcours souvent hachée — missions, CDD, intérim — dispose de trois ans pour rassembler les jours travaillés nécessaires, au lieu de deux.

2. Combien faut-il avoir travaillé ?

La durée d'affiliation exigée

Dans le cas général, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures, soit environ six mois, au cours des 36 derniers mois lorsque vous avez 55 ans ou plus.

La condition peut être abaissée à 108 jours ou 758 heures, soit environ cinq mois, dans certains cas : notamment pour les travailleurs saisonniers et, depuis le 1er avril 2026, pour les personnes n'ayant pas eu de droit à l'ARE ouvert depuis au moins vingt ans.

3. Combien de temps peut-on être indemnisé ?

La durée maximale dépend de votre âge à la fin de votre contrat. Deux séries de chiffres circulent, et les confondre conduit à des attentes fausses : la durée d'abord notifiée, et le plafond atteignable lorsque s'y ajoutent les compléments prévus par la réglementation — complément de fin de formation, complément de fin de droits.

Durées maximales en France métropolitaine, selon l'âge à la date de fin du contrat de travail. Source : France Travail, Unédic.
Âge à la fin du contratDurée maximale hors complémentsMaximum avec les compléments prévus
Moins de 55 ans548 jours (18 mois)jusqu'à 730 jours (24 mois)
55 ou 56 ans685 jours (22,5 mois)jusqu'à 913 jours (30 mois)
57 ans et plus822 jours (27 mois)jusqu'à 1 095 jours (36 mois)

Ce sont des plafonds, pas des durées acquises. La durée réellement attribuée dépend de votre carrière et du calcul individuel de vos droits : elle peut être nettement inférieure. Les compléments, eux, ne se déclenchent que dans les situations prévues par les textes.

Outre-mer, hors Mayotte, les durées applicables sont plus longues : 24, 30 et 36 mois pour les mêmes tranches d'âge, soit 730, 913 et 1 095 jours. Ces nombres sont identiques à ceux de la colonne de droite ci-dessus, mais ils ne recouvrent pas la même règle : en métropole, ce sont des plafonds atteints par compléments ; outre-mer, ce sont des durées de base, le coefficient de 0,75 ne s'y appliquant pas.

4. Cas particulier : la rupture conventionnelle depuis le 1er septembre 2026

Un plafond propre, et une date déterminante

Pour les droits ouverts ou rechargés à la suite d'une fin de contrat résultant d'une rupture conventionnelle individuelle dont la date est fixée à compter du 1er septembre 2026, une durée maximale spécifique s'applique. Pour les 55 ans et plus : 624 jours en métropole, 913 jours dans les territoires ultramarins visés par France Travail.

C'est bien la date de fin du contrat de travail qui compte, et non la date de signature de la rupture conventionnelle.

Les 55 ans et plus peuvent ensuite solliciter une prolongation, examinée au cas par cas. Elle n'est pas automatique.

Le tableau du point 3 conserve toute sa portée pour les autres motifs de fin de contrat : licenciement, fin de CDD, démission légitime, rupture conventionnelle collective. Les 624 jours ne s'appliquent pas à toutes les fins de contrat des 55 ans et plus.

Mayotte n'est pas concernée par ces durées : le territoire relève d'un régime spécifique d'assurance chômage. Le détail de ce régime.

5. Pas de dégressivité à partir de 55 ans

Pour les fins de contrat intervenues à compter du 1er avril 2025, la dégressivité de l'ARE applicable à certaines rémunérations élevées ne concerne pas les personnes âgées de 55 ans ou plus à la date de fin de leur contrat.

C'est une protection réelle, à connaître au moment de négocier une fin de contrat : à salaire équivalent, une allocation qui aurait été réduite avant 55 ans ne l'est plus après.

6. Que se passe-t-il à l'âge de la retraite ?

À partir de l'âge légal, France Travail cesse de verser l'ARE lorsque vous réunissez également le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein. Si vous ne les avez pas, un maintien de l'ARE peut être possible sous conditions, au plus tard jusqu'à 67 ans.

La nuance est essentielle et souvent mal comprise : atteindre l'âge légal sans avoir tous ses trimestres n'ouvre pas automatiquement le droit de rester indemnisé jusqu'au taux plein.

7. Les conditions du maintien jusqu'au taux plein

Le maintien n'est pas automatique

Il faut notamment :

  • avoir atteint l'âge légal sans disposer du nombre de trimestres du taux plein ;
  • être indemnisé au titre de l'ARE depuis au moins 360 jours ;
  • justifier de 12 ans d'affiliation à l'assurance chômage ;
  • avoir travaillé un an continu ou deux ans discontinus au cours des cinq années précédant la fin de contrat ayant ouvert les droits ;
  • totaliser au moins 100 trimestres validés par l'assurance vieillesse.

L'indemnisation cesse dès que la retraite à taux plein devient possible, et au plus tard à 67 ans.

Chacune de ces conditions comporte des subtilités qui décident souvent du dossier — notamment la différence entre trimestres validés et trimestres cotisés. Notre dossier consacré au maintien de l'ARE les reprend une par une.

8. Chômage et trimestres de retraite

Le chômage peut continuer à produire des droits à retraite

Le chômage indemnisé valide un trimestre de retraite tous les 50 jours, dans la limite de quatre trimestres par année civile. Aucune rémunération n'est toutefois reportée sur le relevé au titre de ces périodes : le trimestre compte pour la durée d'assurance, pas pour le salaire annuel moyen.

Après la fin de l'indemnisation, une période de chômage non indemnisé peut également être retenue, dans les limites fixées par la réglementation. Cette limite est portée à cinq ans (20 trimestres) lorsque vous justifiez d'au moins vingt ans de cotisation et que vous êtes âgé d'au moins 55 ans, sous les autres conditions prévues par l'Assurance retraite.

Vérifiez que ces périodes figurent bien sur votre relevé : notre dossier sur le calcul des trimestres explique comment les lire et faire corriger une période manquante.

Questions fréquentes

Puis-je être indemnisé jusqu'à 67 ans ?

Pas automatiquement. 67 ans est le plafond absolu, pas une garantie : le maintien de l'allocation au-delà de la durée initiale exige les conditions cumulatives rappelées au point 7.

Les 624 jours s'appliquent-ils à toutes les fins de contrat après 55 ans ?

Non. Ce plafond vise les seuls droits ouverts ou rechargés à la suite d'une rupture conventionnelle individuelle dont la date est fixée à compter du 1er septembre 2026. Un licenciement ou une fin de CDD relèvent du tableau général.

Pourquoi prévenir France Travail de ma situation retraite ?

Parce que l'ouverture du droit à une retraite à taux plein met fin à l'indemnisation, et que la coordination entre les deux organismes conditionne la continuité de vos revenus. Un décalage mal anticipé crée une période sans allocation ni pension.

L'âge retenu est-il celui de mon inscription ?

Non. C'est votre âge à la date de fin de votre contrat de travail qui détermine la période de référence, la durée d'affiliation exigée, la durée maximale et l'exclusion de la dégressivité.