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Information indépendante. Chaque chiffre daté, chaque règle rattachée à son texte. Mise à jour : 15 septembre 2026
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Décès du conjoint : quelles démarches pour la retraite et la pension de réversion ?

Une chose avant tout : la pension de réversion n'est jamais versée automatiquement. Personne ne vous écrira pour vous la proposer. Elle se demande, et plusieurs échéances décident de ce que vous toucherez réellement. Voici l'ordre des démarches, et celles qu'il ne faut pas laisser passer.

Sources : Assurance retraite, Agirc-Arrco, info-retraite, Service-Public·Publié le 15 septembre 2026

Si vous ne deviez retenir que trois choses

  • Prévenez la caisse de retraite du défunt par courrier, avec l'acte de décès. C'est ce qui arrête le versement de sa pension — et évite d'avoir à rembourser des sommes versées à tort.
  • Demandez la réversion : elle n'est pas attribuée d'office. Un seul formulaire en ligne couvre tous les régimes auxquels votre conjoint a cotisé.
  • Douze mois. C'est l'échéance qui revient dans presque tous les régimes, et elle ne décide pas du droit, mais de la rétroactivité — c'est-à-dire de plusieurs mois de pension.

1. Prévenir la caisse de retraite

C'est la première démarche, et elle est simple. L'Assurance retraite demande d'informer la caisse régionale du défunt par courrier, en indiquant :

  • son numéro de sécurité sociale ;
  • ses nom et prénoms ;
  • la date et le lieu du décès.

Joignez l'acte de décès : c'est lui qui permet, selon l'Assurance retraite, d'arrêter le paiement de la retraite en temps utile.

Pourquoi ne pas attendre

Les pensions continuent d'être versées tant que la caisse ignore le décès. Les sommes versées après coup ne vous appartiennent pas et devront être restituées. Prévenir tôt évite une régularisation à un moment où vous avez autre chose à faire.

Cette démarche est distincte de la demande de réversion : signaler le décès n'ouvre aucun droit pour vous. Ce sont deux courriers, deux logiques.

Si votre conjoint relevait de plusieurs régimes — salarié puis indépendant, privé puis fonction publique —, chacun doit être informé. Le service en ligne décrit au point 3 vous évite de les chercher un par un.

2. La réversion ne viendra pas à vous

L'Assurance retraite l'écrit sans détour : « La retraite de réversion n'est pas attribuée automatiquement, vous devez en faire la demande ».

C'est la source de la plupart des droits perdus. Rien ne signale à un conjoint survivant qu'il a droit à quelque chose ; aucune caisse ne prend l'initiative. Des personnes découvrent leur droit des années après, et ne récupèrent alors qu'une fraction de ce qu'elles auraient touché.

Ne présumez pas que vous n'y avez pas droit

Trois idées reçues coûtent cher :

  • « Nous étions divorcés. » Le divorce ne supprime pas le droit à réversion. Un ex-conjoint peut y prétendre, selon des modalités qui varient d'un régime à l'autre.
  • « Je gagne trop. » La condition de ressources existe au régime général, mais pas à l'Agirc-Arrco, ni dans la fonction publique.
  • « Je suis trop jeune. » L'âge de 55 ans vaut pour le régime général et l'Agirc-Arrco. Dans la fonction publique, il n'y a aucune condition d'âge.

Faites la demande : c'est à la caisse de dire non, pas à vous de le supposer.

3. Une seule demande pour tous les régimes

Un service en ligne unique, sur info-retraite.fr, permet de déposer une seule demande auprès de tous les régimes auxquels la personne décédée a cotisé. Il identifie lui-même les caisses concernées — ce qui compte, puisque vous ne connaissez pas nécessairement toute la carrière de votre conjoint.

Une demande unique, donc, mais autant de décisions que de régimes : chacun applique ses propres conditions. Un même dossier peut être accepté par l'un et refusé par l'autre. Nous y revenons au point 7.

4. Le calendrier des échéances

Aucune de ces échéances ne supprime votre droit — sauf la dernière. Elles décident en revanche du point de départ de votre pension, donc du nombre de mois qui vous seront versés.

Les échéances après un décès. Sources : Assurance retraite, Agirc-Arrco, circulaire Cnav 2025-29.
DémarcheÉchéanceCe qui se joue
Prévenir la caisse du défuntdès que possibleArrêter les versements, éviter un remboursement
Réversion du régime général12 mois après le décèsPoint de départ au premier jour du mois suivant le décès
Réversion Agirc-Arrco12 moisAu-delà, le rappel est limité à douze mois
Allocation veuvage — rétroactivité12 moisVersement depuis le premier jour du mois du décès
Allocation veuvage — dépôt2 ans à compter du 1er jour du mois du décèsAu-delà, la demande n'est plus recevable

L'allocation veuvage est la seule dont le droit lui-même s'éteint : passé deux ans, la demande n'est plus recevable. Elle concerne les conjoints survivants de moins de 55 ans, sous condition de ressources — notre page lui est consacrée.

5. Demander tard : ce que vous perdez

Une demande déposée au-delà des douze mois reste recevable. Ce n'est pas votre droit que vous perdez, ce sont des mois de pension.

Au régime général

Demande dans les douze mois, conditions déjà remplies : le point de départ peut être fixé au premier jour du mois suivant le décès.

Passé ce délai : le point de départ est au plus tôt le premier jour du mois suivant le dépôt de la demande. Les mois écoulés entre-temps sont perdus.

À l'Agirc-Arrco

Lorsque la demande est déposée plus de douze mois après le décès, un rappel peut être versé, mais il est limité à douze mois lorsque les conditions étaient remplies.

Autrement dit : une demande faite trois ans après le décès ne fait pas remonter trois ans de pension. Le détail figure sur notre page Réversion Agirc-Arrco.

Si vous découvrez ce droit tardivement, déposez la demande sans attendre d'avoir réuni toutes les pièces : c'est la date de dépôt qui compte.

6. Les pièces à préparer

La liste exacte dépend du régime et de votre situation, mais quatre familles de documents reviennent systématiquement :

  • l'acte de décès ;
  • les justificatifs d'état civil — votre acte de naissance, l'acte de mariage, et le jugement de divorce s'il y a lieu ;
  • le numéro de sécurité sociale du défunt et le vôtre ;
  • lorsque le régime l'exige, vos ressources des trois derniers mois — le régime général les examine d'abord sur cette période.

Rassemblez plusieurs exemplaires de l'acte de décès dès le départ : banques, assureurs, complémentaire santé et caisses le réclameront chacun de leur côté.

7. Plusieurs caisses, plusieurs décisions

C'est le point que la demande unique peut masquer. Votre conjoint avait probablement une retraite de base et une retraite complémentaire, parfois dans plusieurs régimes. Chacun instruit votre dossier selon ses propres règles.

Ce qui change d'un régime à l'autre. Pour le détail, voir les pages liées.
RégimeTauxÂgeRessources
Régime général (base, privé)54 %55 ansoui
Agirc-Arrco (complémentaire, privé)60 %55 ansnon
Fonction publique50 %aucunnon

Recevoir un refus d'un régime ne préjuge donc pas des autres. Et si une décision vous paraît erronée, elle se conteste : notre page contester une décision de retraite décrit les recours et leurs délais.

8. Si vous avez moins de 55 ans

La réversion du régime général et celle de l'Agirc-Arrco ne vous sont pas encore ouvertes. Deux pistes restent à examiner tout de suite :

  • l'allocation veuvage, aide temporaire destinée aux conjoints survivants de moins de 55 ans, à demander dans les deux ans ;
  • la réversion de la fonction publique si votre conjoint était fonctionnaire : elle ne comporte aucune condition d'âge, et peut donc être demandée quel que soit le vôtre.

9. Où trouver les règles qui vous concernent

Cette page est un guide d'action. Les conditions elles-mêmes — qui a droit à quoi, sous quelles réserves — sont détaillées ailleurs :

Les pages de fond

Comment nous avons vérifié. Les modalités de signalement du décès et le caractère non automatique de la réversion proviennent de l'Assurance retraite. Les délais de douze mois et les points de départ proviennent de l'Assurance retraite et de l'Agirc-Arrco ; le délai de deux ans de l'allocation veuvage, de l'Assurance retraite et de la circulaire Cnav 2025-29. Les taux figurant au tableau du point 7 sont détaillés et sourcés sur les pages auxquelles il renvoie. Cette page est une information générale et ne remplace pas l'étude de votre dossier par vos caisses. Informations vérifiées au 15 septembre 2026.