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RetraiteLa retraite progressive : travailler moins et percevoir une partie de sa retraite
Réduire son activité sans quitter le travail, et toucher en compensation une fraction de ses retraites : c'est ce que permet la retraite progressive. Les cotisations continuent de produire des droits, et la pension définitive est recalculée au moment de la liquidation complète. C'est un dispositif de fin de carrière dont les règles ont changé récemment.
Les conditions en 2026
- Avoir au moins 60 ans.
- Réunir au moins 150 trimestres dans les régimes de retraite de base.
- Exercer une activité réduite répondant aux conditions du dispositif. Pour les salariés, la durée de travail est en principe comprise entre 40 et 80 % d'un temps complet.
150 trimestres ne veut pas dire 150 trimestres cotisés
Les 150 trimestres ne correspondent pas nécessairement à 150 trimestres cotisés. Peuvent notamment être retenus, selon les règles applicables : des périodes cotisées, certaines périodes assimilées comme le chômage ou la maladie, des périodes rachetées, des périodes reconnues équivalentes, des périodes validées dans d'autres régimes et certaines majorations de durée d'assurance.
C'est une condition nettement plus accessible qu'il n'y paraît. Notre dossier sur le calcul des trimestres détaille ce que recouvre chaque catégorie.
1. Quelle fraction de pension ?
La fraction de retraite versée est le complément exact de votre quotité travaillée. À 60 % d'un temps complet, vous percevez donc en principe 40 % de votre retraite provisoire, sous réserve des règles propres à votre régime. Pour un indépendant, la fraction dépend de la baisse de revenus, non d'une quotité horaire.
Pour les activités dont la durée n'est pas fixée par un employeur
Les règles reposent notamment sur la diminution des revenus professionnels. L'activité concernée doit, dans les situations visées par les textes, être exercée à titre exclusif. La réglementation prévoit notamment un revenu minimal et une diminution de revenus comprise en principe entre 20 et 60 %.
Pour les travailleurs indépendants concernés, l'Assurance retraite indique qu'une fraction de 50 % est versée à titre provisionnel la première année, puis régularisée en fonction de la baisse réelle des revenus.
Ces règles ne s'appliquent pas indifféremment à toutes les catégories d'indépendants : vérifiez celles de votre régime.
2. Que se passe-t-il si mon temps de travail change ?
Si votre quotité de travail évolue tout en restant dans les limites du dispositif, la fraction de retraite progressive est révisée. Vous devez signaler le changement à votre caisse.
Si vous passez temporairement sous 40 % ou au-dessus de 80 %, le versement peut être suspendu. Il peut reprendre lorsque les conditions sont de nouveau remplies.
Deux situations mettent fin au dispositif, définitivement
La reprise d'une activité à temps complet entraîne la cessation définitive de la retraite progressive.
Service-Public indique également que la retraite progressive cesse définitivement lorsque le revenu procuré par l'activité à temps partiel atteint ou dépasse le revenu antérieur pris en compte selon les règles applicables.
La différence avec la suspension est essentielle : une suspension se lève, une cessation ne se rattrape pas.
3. Le passage à temps partiel avec l'employeur
Si vous devez réduire votre temps de travail pour entrer dans le dispositif, adressez votre demande à l'employeur au moins deux mois avant la date souhaitée. Il dispose lui-même de deux mois pour répondre, et son silence vaut accord.
Un refus doit être motivé par l'incompatibilité de la durée demandée avec l'activité économique de l'entreprise : une formule de principe ne suffit pas. Depuis la loi du 24 octobre 2025, cette motivation doit être concrètement justifiée — l'employeur doit rendre compte des conséquences de la réduction sur la continuité de l'activité, et, si elle implique un recrutement, des difficultés à y procéder.
4. La demande de retraite progressive
L'Assurance retraite recommande d'anticiper la demande environ cinq mois avant la date souhaitée. Un dépôt tardif peut compliquer le traitement et compromettre un paiement dès la date prévue ; les cinq mois ne constituent toutefois pas un délai de forclusion.
Le service en ligne permet d'effectuer une seule demande, transmise aux régimes de retraite de base et complémentaires concernés. La marche à suivre est la même que pour une demande de retraite classique.
Le passage à la retraite définitive n'est pas automatique
La retraite progressive ne bascule pas d'elle-même en retraite complète. Une nouvelle demande doit être effectuée le moment venu. Sans elle, on continue de percevoir une fraction quand on aurait droit à la totalité.
La pension définitive est recalculée en intégrant les droits acquis pendant la période de retraite progressive. Service-Public précise qu'elle ne peut pas être inférieure au montant provisoire calculé lors de l'entrée en retraite progressive.
La retraite progressive ne se confond pas avec le cumul emploi-retraite : ici, la retraite n'est pas liquidée et l'activité continue de produire des droits.
Questions fréquentes
Puis-je demander la retraite progressive à 60 ans même si mon âge légal est plus tard ?
Oui. Pour les retraites progressives prenant effet depuis le 1er septembre 2025, l'âge d'accès est fixé à 60 ans quelle que soit votre année de naissance, sous réserve des autres conditions.
Je suis au forfait jours : puis-je bénéficier de la retraite progressive ?
Oui, sous réserve des autres conditions. Pour une convention de forfait fixée à 218 jours par an, l'Assurance retraite indique actuellement une activité comprise entre 87 et 174 jours. Les limites doivent être adaptées lorsque la durée maximale applicable est différente.
Mon employeur peut-il refuser sans raison ?
Non. Lorsqu'une réduction du temps de travail est nécessaire, le refus doit être motivé. À défaut de réponse écrite et motivée dans les deux mois, l'accord est réputé acquis.
Est-ce que je perds des droits pendant cette période ?
Non. Vous continuez à cotiser, donc à acquérir des droits, et le montant de la retraite définitive est recalculé en tenant compte de la période travaillée pendant la retraite progressive. Avec l'accord de l'employeur, il est possible de cotiser sur la base d'un salaire à temps plein malgré une activité à temps partiel — ce qui limite l'effet du temps partiel sur la pension, toutes choses égales par ailleurs.