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ActualitéRetraite : ce qui a réellement changé depuis le 1er septembre 2026
Trois mesures sont entrées en vigueur le même jour, par des textes différents : l'âge légal recule pour cinq générations, la carrière longue suit le même décalage, et la pension des parents ne se calcule plus sur les 25 meilleures années. Une seule condition commande les trois — et c'est celle qu'on oublie.
En bref
- Les générations 1964 à 1968 gagnent trois à six mois d'âge légal. Les 64 ans ne concernent plus que les personnes nées à partir de 1969.
- Le calcul de la pension des parents passe à 24 meilleures années pour un enfant et 23 à partir de deux.
- Rien de tout cela ne s'applique aux pensions dont la date d'effet est antérieure au 1er septembre 2026.
1. L'âge légal recule pour cinq générations
L'article 105 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 suspend la montée en charge prévue par la réforme de 2023. Chaque génération née entre 1964 et 1968 gagne de trois à six mois d'âge légal, et deux d'entre elles voient aussi baisser le nombre de trimestres exigés.
Le tableau complet, année de naissance par année de naissance, figure dans notre dossier Réforme des retraites. Pour votre cas précis, notre calculateur applique le calendrier en vigueur à votre génération.
Un point n'a pas bougé : l'âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans, quelle que soit la durée d'assurance. La réforme de 2023 ne l'avait jamais modifié, sa suspension non plus.
2. La carrière longue suit le même décalage
Le départ anticipé pour carrière longue se décale dans les mêmes proportions. En revanche, les conditions d'entrée dans le dispositif n'ont pas changé : il faut toujours justifier du nombre de trimestres exigés en début de carrière, avant l'anniversaire correspondant à votre borne.
C'est là que se jouent les refus, et le décalage n'y change rien : un trimestre de début de carrière absent du relevé suffit à faire tomber le droit. Notre guide de la carrière longue détaille les quatre bornes et la distinction entre trimestres validés et trimestres cotisés.
3. Le calcul de la pension des parents
Par un texte distinct — le décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026 —, la retraite de base des parents qui détiennent certaines majorations liées aux enfants ne se calcule plus sur les 25 meilleures années, mais sur :
- 24 meilleures années pour un enfant ;
- 23 meilleures années à partir de deux enfants.
Retirer une ou deux années du calcul améliore le revenu annuel moyen lorsque cela permet d'écarter des années faibles. L'effet n'est donc pas le même pour tout le monde : il dépend de la forme de votre carrière. Notre décryptage de la règle des 24 ou 23 meilleures années détaille les majorations concernées, les régimes visés et les exclusions ; notre dossier sur le montant de la retraite de base replace le revenu annuel moyen dans la formule complète.
Deux autres mesures de parentalité relèvent de la même date : la mère conserve désormais au moins deux des quatre trimestres d'éducation, et jusqu'à deux trimestres liés aux enfants peuvent être retenus comme réputés cotisés pour la carrière longue, par le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026. Attention à la lecture de ce second point : le plafond de deux trimestres s'apprécie par assuré, pas par enfant. Le détail est dans notre dossier Enfants et retraite.
La condition qui commande les trois mesures
Seules les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026 bénéficient de ces règles. Une pension déjà liquidée avec une date d'effet antérieure reste soumise au droit ancien, et elle n'est pas recalculée.
C'est la date d'effet inscrite sur votre demande qui compte, pas la date à laquelle vous déposez le dossier. Un départ prévu pour le 1er août 2026 et un départ prévu pour le 1er septembre 2026 ne relèvent pas du même calendrier — pour un mois d'écart.
Une suspension, pas une abrogation
Le mot compte, et il est souvent mal employé. La réforme de 2023 n'est pas annulée : son calendrier est décalé. Les 64 ans et les 172 trimestres restent inscrits dans la loi pour les générations 1969 et suivantes. La suspension court jusqu'en janvier 2028 ; sans nouveau texte d'ici là, le calendrier de 2023 reprend son cours.
Autrement dit, ce qui a changé le 1er septembre 2026 n'est pas acquis pour les générations suivantes. Notre décryptage de la suspension revient sur ce que le texte dit exactement, et sur ce qu'il ne dit pas.
Questions fréquentes
Ma pension déjà liquidée va-t-elle être recalculée ?
Non. Les mesures ne valent que pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une pension liquidée avant cette date reste calculée selon les règles qui lui étaient applicables.
Faut-il refaire une demande pour bénéficier du nouveau calendrier ?
Si votre demande n'est pas encore déposée, c'est la date d'effet que vous choisirez qui déterminera le régime applicable. Si elle est déposée mais non liquidée, interrogez votre caisse par écrit avant toute décision : c'est la date d'effet, et elle seule, qui tranche.
Sources
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 105
- Circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026 — âge légal et durée d'assurance
- Circulaire Cnav 2026-29 du 4 septembre 2026 — retraite anticipée pour carrière longue
- Service-Public — Calcul de la pension des parents (décrets nos 2026-699 et 2026-700)
- Ministère du Travail — Nouveaux droits au 1er septembre 2026